FRANCE

Chérif Kouachi et Amedy Coulibaly s’étaient confiés à une chaîne TV

Avant l’assaut qui leur a coûté la vie lors de leurs prises d’otages respectives, Chérif Kouachi et Amedy Coulibaly ont été en contact avec BFMTV.

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BFMTV rapporte des propos des deux terroristes avec qui la chaîne française d’info en continu est parvenue à entrer en contact ce vendredi. Ils ont revendiqué leurs actes.

Amedy Coulibaly, le preneur d’otages d’un supermarché casher à Vincennes, a affirmé avant sa mort avoir «synchronisé» son action avec les frères Kouachi, les deux jihadistes accusés de la tuerie de Charlie Hebdo. «Eux Charlie Hebdo, moi les policiers», a-t-il dit, confirmant le lien entre les trois terroristes.

Joint téléphoniquement vers 15h, soit deux heures avant l’assaut, Coulibaly a revendiqué appartenir au groupe Etat islamique. Il a précisé avoir agi pour «défendre les musulmans», notamment en Palestine et avoir voulu s’attaquer à un symbole juif.

Dans un appel séparé à la même chaîne de télévision, Chérif Kouachi, qui était reclus avec son frère Saïd dans une imprimerie, a affirmé pour sa part avoir été envoyé en France et financé par Al Qaïda au Yémen, confirmant la piste évoquée plus tôt dans la journée. Il a précisé avoir été formé par l’Imam Anwar Al Awaki. «On est les défenseurs du prophète», a-t-il dit.

France 2 a de son côté rapporté que le GIGN avait eu accès aux images des caméras de surveillance du magasin casher, ce qui aurait aidé les agents à choisir le moment où il ont lancé l’assaut. Ils auraient également pu écouter ce qu’il se passait dans le commerce via un téléphone fixe mal raccroché par le terroriste.

Pour rappel, les trois terroristes ont été tués lors d’assauts simultanés vers 17h.

Voici le verbatim de la conversation de Coulibaly avec le journaliste de BFMTV: 


Pourquoi êtes-vous là ?
- Je suis là parce que l'Etat français a attaqué l'EI, le califat. 
Avez-vous reçu des instructions ?
- Oui. 
Êtes-vous en lien avec les deux frères ?
- Oui. On s'est synchronisé pour ces opérations, pour le départ. Eux, Charlie Hebdo, moi les policiers. 
Vous êtes encore en lien ? Vous les avez joint au téléphone récemment ?
- Non. 
Vous êtes avec votre femme ?
- Non, je suis seul. Ma femme n'est pas là. 
Il y a combien de personnes dans l'épicerie ?
- Il y a quatre morts et 16 personnes avec enfant, ça fait 17 avec un enfant. (Il parle avec quelqu'un) Il dit, il y a huit femmes. 
Que voulez vous ?
- Je demande que l'armée se retire de l'Etat islamique, de tous les endroits où elle est partie combattre l'islam. Je suis prêt à négocier... Dites-leur qu'ils m'appellent.
A quel groupe appartenez-vous ?
- L'Etat islamique. 
Vous êtes allé sur place (en Syrie ou en Irak, ndlr) ? 
- J'ai évité, car ça allait compromettre mon projet si je le faisais. 
Vous avez visé ce magasin pour une raison ?
- Oui. Les juifs. C'est pour toute l'oppression, plus particulièrement l'Etat islamique mais tous les endroits. C'est pour tous les endroits où les musulmans sont oppressés. La Palestine en fait partie. 
 A part les deux frères, d'autres individus sont en lien avec vous ?
- Je ne répondrai pas à cette question. Ça suffit les questions. Transmettez mon numéro à la police.