BELGIQUE -

Le secrétaire général de l’Otan appelle le gouvernement belge à accroître ses dépenses de défense

Le secrétaire général de l’Otan appelle le gouvernement belge à accroître ses dépenses de défense

Jens Stoltenberg. AFP

Le secrétaire général de l’Otan, Jens Stoltenberg, a insisté sur l’importance de «tenir les promesses faites» par les dirigeants alliés de stopper l’érosion des dépenses de défense puis de les augmenter graduellement, en rencontrant trois membres du gouvernement belge, dont le Premier ministre Charles Michel, auxquels il a proposé l’aide de l’Alliance pour définir l’armée belge du futur.

«À long terme, il n’est pas possible d’obtenir plus avec moins», a-t-il prévenu lors d’un entretien accordé à l’agence BELGA peu avant cette rencontre - la première depuis son entrée en fonction, début octobre - avec le nouveau gouvernement belge en la personne de M. Michel et des ministres des Affaires étrangères et de la Défense, Didier Reynders et Steven Vandeput, au Lambermont, la résidence de fonction du Premier ministre.

Or, l’accord de gouvernement de l’équipe Michel 1er a imposé une réduction du budget de tous les départements ministériels, dont la Défense, déjà largement mise à contribution lors des précédentes législatures. Elle a perdu 220 millions d’euros en 2015 sur un budget de 2,7 milliards d’euros et environ 1,6 milliard cumulé au cours de la législature.

Cette mesure va entraîner un recul des dépenses de défense belges de 0,6% du Produit intérieur brut (PIB) en termes réels à 0,5% en 2019, alors que les dirigeants alliés ont convenu, lors de leur dernier sommet, en septembre dernier au Pays de Galles, de «cesser toute diminution des dépenses de défense» et de «chercher à se rapprocher dans les dix années à venir (soit d’ici 2014, ndlr) des 2% recommandés» depuis plusieurs années.

«C’est un message important (au gouvernement belge): l’importance de la promesse faite de cesser les coupes budgétaires et d’augmenter en direction des 2% dans la décennie», a souligné M. Stoltenberg.

«C’est ma responsabilité, au profit des 28 (pays) alliés, de faire ce que je peux et m’assurer que cette décision est mise en œuvre», a ajouté le secrétaire général en notant combien l’environnement de sécurité avait changé avec la crise ukrainienne - après l’annexion en mars dernier de la Crimée par la Russie - et en raison de l’«instabilité» aux frontières sud de l’Alliance atlantique, comme en Syrie et en Irak, deux pays voisins d’un pays membre de l’Otan, la Turquie, ainsi qu’en Afrique du nord.

«C’est près de chez nous» par rapport à l’Afghanistan, où l’Otan a mis fin le 31 décembre à son opération la plus longue et la plus exigeante de son histoire, a souligné M. Stoltenberg.

Il a affirmé qu’il proposerait à M. Michel l’aide des experts de l’Otan pour faire «les choix difficiles» sur les structures futures des forces armées belges, dans une allusion au «plan stratégique à dix ans» que M. Vandeput a été chargé d’élaborer d’ici le printemps.

«Nous sommes prêts à assister, à aider» le gouvernement belge, a dit M. Stoltenberg.

«Il existe un besoin de le faire de la meilleure façon possible» par le biais de la planification de défense de l’Otan (le «NATO Defence Planning Process», NDPP)», a-t-il expliqué en citant en exemple la coopération existante entre les armées du Benelux, en particulier dans le domaine naval, qui permet de réduire les effets de budgets serrés.

«Les petits pays ne sont pas en mesure de disposer de toutes les capacités militaires différentes. Ils doivent coopérer», a fait valoir le secrétaire général.

«Je suis fortement favorable à des dépenses (de défense) plus intelligentes, à des manières plus efficientes d’organiser nos forces armées» afin d’obtenir «en tant qu’Alliance autant de capacités de défense que possible», a-t-il dit.

M. Stoltenberg a toutefois salué la contribution que la Belgique apporte «de nombreuses manières» à l’Otan et à ses opérations militaires, en épinglant en particulier l’engagement fréquent des chasseurs F-16, qu’il a qualifiés de «capacité de grande qualité». Il a aussi rappelé que la Belgique abritait à la fois le siège de l’Alliance - un nouveau est en construction pour un montant de plus d’un milliard d’euros à Bruxelles et devrait être terminé en 2016 - et le grand quartier général des forces alliées en Europe (SHAPE) à Casteau, près de Mons.