LIÈGE

Charlie Hebdo: 700 élèves forment une immense chaîne humaine à Liège

L’Athénée Léonie de Waha, à Liège, a décidé de former une chaîne humaine au lendemain de l’attentat contre Charlie Hebdo. Plusieurs centaines d’élèves y ont participé, pancartes à la main.

Le rendez-vous a été fixé à 13h40 ce jeudi après-midi, au centre de Liège. Quelque 650 étudiants et 50 professeurs de l’Athénée Léonie de Waha, école liégeoise installée sur le boulevard d’Avroy, ont formé une chaîne humaine. Malgré la pluie, malgré le froid, ils ont occupé les trottoirs au long des boulevards d’Avroy et de la Sauvenière, pour exprimer solidarité et indignation.

Tous, enseignants et élèves, ont bien entendu été marqués par les événements de ce mercredi. Le sujet occupait les conversations ce matin. «Nous nous sommes demandés de quelle manière nous pouvions agir à notre manière. Rapidement, l’idée de sortir de l’école s’est imposée», explique Floriane Martin, enseignante en histoire et géographie à l’Athénée Léonie de Waha. «L’idée consiste à former une chaîne humaine entre notre école et les rédactions qui en sont proches», en l’occurrence celles de nos confrères des groupes Rossel (Le Soir, La Meuse) et IPM (La DH, La Libre).

«Notre volonté consistait à manifester le soutien du milieu scolaire à la liberté de la presse et à la liberté d’expression. Les élèves ont réalisé des pancartes, délivrent leur message. Il est certain qu’ils ont été marqués par l’attentat», poursuit l’enseignante. «Les élèves comprennent bien les enjeux», commente pour sa part Laura Van Brabant, professeur de français. «Il y a véritablement un lien avec les valeurs que l’école inculque aux élèves, à savoir la liberté d’expression, la démocratie, etc.»

Des élèves sensibles aux valeurs bafouées à Paris

À observer les dizaines d’élèves sortis de leur école ce jeudi après-midi, il semble en effet qu’ils sont sensibles aux valeurs que d’aucuns ont tenté de faire vaciller, mercredi, dans le XIe arrondissement de Paris. De nombreuses pancartes avaient été confectionnées à la hâte, affichant des messages d’ouverture et de respect, ou le désormais emblématique «Je suis Charlie».

«Je suis heureuse d’être dans une école qui a organisé cette sortie», témoigne Delphine, étudiante en quatrième année. «La démocratie, la citoyenneté, la liberté d’expression: tout cela a été réduit à néant hier à Paris. Nous devons faire savoir que nous ne sommes pas d’accord et que nous pensons à ces personnes mortes sans raison… ou pour ce que certains pensent être une raison.»

«Nous devions réagir», considère pour sa part Estelle, étudiante en rhéto. «Nous devons nous montrer unis et solidaires. En tant que jeunes, je pense aussi que nous avons une énergie à donner et un message à faire passer: ne nous divisons pas, ne nous enfermons pas, sortons de nos cocons», ajoute l’étudiante, avec maturité.