SOCIÉTÉ

Le test des sirènes d'alerte nucléaire et Seveso: comment ça marche ? À quoi ça sert ?

C'était ce midi. Dans tout le pays, 570 sirènes se sont mises à hurler. Pour donner l'alerte d'un accident nucléaire ou de type Seveso. C'était un test. Comme il y en a tous les trois mois.

Le test des sirènes d'alerte en vidéo ci-dessus.

Chaque premier jeudi du trimestre, le SPF intérieur réalise un test du réseau de sirènes d'alerte. Ces 570 sirènes, réparties sur tout le territoire belge, donnent l'alerte à la population en cas d'accident ou d'incident nucléaire ou de type Seveso (chimique). La population n'est pas invitée a réagir, ce test ayant pour but, outre l'aspect purement technique, de rappeler aux riverains des sites visés la proximité du danger.

Les bons réflexes

Avant tout donc, le but est de rappeler à la population les bons réflexes à avoir en cas d'alerte réelle :

♦ se mettre à l'abri (pas dans la cave, mais dans un immeuble, loin de fenêtres pouvant se briser)

♦ fermer portes et fenêtres

♦ rester à l'écoute des informations radio, télé, internet

Après le test, un sondage est réalisé auprès d'un échantillon de riverains pour vérifier la bonne connaissance des mesures de sécurité de base. Parce que si, de manière générale, les riverains directs des diverses entreprises visées sont au courant des bons réflexes, au-delà d'une certaine distance, les connaissances sont plus floues, voire inexistantes. Il est donc utile de rappeler à la population qu'il faut se renseigner au sujet des procédures à appliquer en cas d'alerte.

Pour ce faire, on peut consulter le site www.info-risques.be

Tous les jours, à 14h, il est également procédé à un test muet, qui permet de vérifier le bon fonctionnement du système.

Be-alerte

Depuis mars 2014, certaines de ces alertes sont doublées par ce que l'on appelle désormais la "be-alerte" : l'envoi massif de messages via sms, mail, ... Ce système n'était pas d'application aujourd'hui mais le sera lors du prochain test le jeudi 2 avril.

Le SPF-intérieur a décidé de doter les autorités compétentes de tous les moyens modernes pour alerter la population en cas de problème. Le système actuellement utilisé est en prériode d'essai dans 33 communes du pays. Courant 2015, un système global, couvrant toutes les communes de Belgique, sera lancé, après l'élaboration d'un cahier des charge, appel d'offre pour marché public, etc...

En attendant, le système actuel se base sur une banque de données (infobel) d'environ 2,5 millions de numéros, adresses mail... Chaque citoyen peut vérifier ses propres données et, le cas échéant, s'inscrire via le site http://be-alert.be/

Plus de 98% des sirènes d'urgence ont fonctionné

Le test d'alerte durant lequel toutes les sirènes installées autour des sites nucléaires et Seveso seuil haut de Belgique ont été actionnées jeudi midi a abouti à un résultat positif de 98,41%, indique la DG Centre de Crise du SPF Intérieur dans l'après-midi. 98,41% des 567 sirènes du réseau géré par l'Intérieur ont donc fonctionné correctement et émis un signal sonore comme prévu.

Fleurus 2008

L'incident qui avait eu lieu à l'IRE de Fleurus en 2008 est encore dans toutes les mémoires.

Le 25 août 2008, l'IRE (Institut national des radioéléments) fait aveu d'un incident ayant provoqué un rejet d'iode-131, par une cheminée, estimée à 45 gigaBecquerel (incident provisoirement évalué à 3 sur l'échelle de l'INES). L'émission, longue, mais de faible intensité n'a pas été détectée par le réseau Telerad. L'alerte avait été donnée avec plusieurs jours de retard.

Beaucoup de leçons ont été tirées suite à cet incident. Désormais, les autorités sont régulièrement en contact avec les sociétés qui exercent une activité dans le domaine nucléaire ou chimique. Les échanges d'informations sont multipliés dans un véritable esprit de coopération.