BRUXELLES

Grosse tension au siège de la N-VA: on n’fait pas d’manif sans casser des œufs

Des affrontements entre grévistes et policiers ont éclaté à proximité du siège de la N-VA.EdA Mathieu GOLINVAUX

Grosse tension dans la rue Royale à Bruxelles. La CGSP a tenté de repeindre la façade de la N-VA au jaune d’œuf. Mais la police s’est déployée massivement. Gaz lacrymogènes et noms d’oiseau ont volé.

Ça devait être leur action surprise. Un rassemblement à 13h, devant le siège de la N-VA. Histoire d’offrir une petite omelette au parti de Bart De Wever et Jan Jambon. Les syndicats, principalement la CGSP, et quelques jeunes anticapitalistes, se pourléchaient déjà les babines à l’idée de cette fricassée d’œufs bien baveux et de slogans bien sentis.

Mais dès le matin, le bruit a couru. La surprise a été éventée. Et à partir de 11h30, des combis de policiers ont déferlé de partout dans Bruxelles. Toutes sirènes hurlantes, ils ont foncé au 47 rue Royale, le discret QG du parti séparatiste dans la capitale. Et à l’heure de casser la croûte, les barrages bleus étaient en place. Comme l’autopompe, en retrait, mais suffisamment dissuasive.

Zone neutre agrandie… à la N-VA

Devant les manifestants, les policiers ont baissé les visières et sorti les boucliers. Leur rang fait face à 200 manifestants. Ou pas beaucoup plus. Le face-à-face semble disproportionné. Les gaz lacrymogènes nappent alors les militants d’un brouillard aveuglant. Depuis la place de la Concorde, on riposte en dégainant les œufs et les feux de Bengale. Puis tout un pan des troupes rouges est emmené en dehors d’un périmètre qui boucle la traditionnelle zone neutre autour du Parlement fédéral… mais aussi le siège de la N-VA. De derrière les barbelés, loin de leur cible, certains ne décolèrent pas.
 


«Ce n’est pas la zone neutre! On n’a pas d’arme, on est des enseignants. On chante nos slogans et, dans les rangs de la police, c’est tout de suite des menaces», dénonce, virulante, Catherine François, professeur à Victor Horta à Saint-Gilles. «Ils font les forts avec leurs casques. Parce que, regardez-nous, on est de vraies menaces, moi et mes collègues. Pourtant, un parti démocratique, on doit pouvoir lui expliquer notre désaccord. Mais non, on se fait frapper».

«Bon pour les cheveux»

On parlemente mais rien n’y fait: les manifestants sont refoulés loin des débats. Plus bas, quelques œufs éclatent encore sur les boucliers des policiers. Puis c’est le calme. Les manteaux rouges lâchent leurs dernières munitions sur le siège du Voka, un peu plus loin. «T’avais mangé ça le matin?», rigole un homme en bleu avec son collègue, qui essuie le jaune gluant qui dégouline sur son uniforme. «Paraît que c’est bon pour les cheveux».

La rue Royale est finalement rouverte vers 13h30. L’autopompe n’aura servi qu’à nettoyer le pavé et les voies de tram.