GRÈVE DU 15 DÉCEMBRE

À la prison de Lantin, on a opté pour la marche plutôt que le piquet

À la prison de Lantin, on a opté pour la marche plutôt que le piquet

Les grévistes ont démarré de Lantin pour emprunter la route de Tongres, avant de rejoindre Paifve.

La grève s’est transformée en marche de 7 km, pour le personnel de la prison de Lantin et de l’établissement de défense sociale de Paifve, en région liégeoise.

Les piquets de grève et barrages étaient très nombreux dans l’ensemble de la région liégeoise ce matin du 15 décembre. Mais du côté de la prison de Lantin et de l’établissement de défense sociale de Paifve (NDLR: il s’agit d’un établissement pour les détenus nécessitant un suivi psychiatrique), qui ne sont séparés que de quelques kilomètres, on avait choisi de manifester son mécontentement d’une autre manière, à l’aide d’une marche.

«Un piquet a bien été installé à partir de 5h30 du matin devant les deux établissements» , précise Stéphane Streel, secrétaire régional CGSP. Mais à partir de 9h, les gardiens de la prison et de l’établissement de défense sociale, ainsi qu’une délégation de policiers, se sont rassemblés à Lantin pour rejoindre Paifve à pied. Et malgré la bruine du côté de Juprelle, commune dans laquelle se situent les deux établissements, la marche se déroulait dans une atmosphère plutôt conviviale.

«C’est une manière pour le personnel pénitentiaire de sortir des murs de la prison et d’aller faire entendre sa voix, de façon un peu originale», ajoute Stéphane Streel. La petite centaine de manifestants a donc emprunté la chaussée de Tongres, provoquant quelques files parmi les automobiles, mais progressant d’un pas décidé.

Jusqu’à 300€ mensuels de manque à gagner

C’est que les mesures gouvernementales ne plaisent pas plus dans le milieu pénitentiaire que dans d’autres secteurs: saut d’index, recul de l’âge de la pension, etc.

Quelques motifs de colère sont cependant spécifiques au secteur. «L’administration pénitentiaire souhaite entame une réforme au niveau horaire des agents», explique Stéphane Streel. «Les négociations commencent justement demain. Ils veulent faire des économies et regrouper les heures de travail durant la journée, en réduisant les tranches horaires la nuit, tôt le matin et tard le soir. Il faut savoir que s’ils perdent leurs gardes de nuit, les agents perdront jusqu’à 300-350 euros par mois.»

«N’oublions pas l’impact sur les détenus»

«Il faut bien se rendre compte de la situation de la majorité des prisons. Marche et Leuze sont neuves, mais ce sont des exceptions. À Lantin, quelques investissements ont été réalisés, mais ce n’est pas le cas dans toutes les prisons», témoigne Joseph Simetin, délégué CSC-Services publics.

«Quant à la diminution des horaires de nuit, cela représente un manque à gagner pour nous. Mais n’oublions pas l’impact sur les détenus aussi. Par exemple, la plupart d’entre eux téléphonent à leurs proches en soirée, parce que les gens travaillent la journée. Si nous devons réduire les effectifs en soirée, il faudra que les détenus soient tous en cellule plus tôt, vers 20h au lieu de 21h. Cela fera moins de temps pour le téléphone, mais aussi pour d’autres activités. Cela générera des tensions supplémentaires», craint Joseph Simetin.

«On parle des conditions de détention désastreuses. Mais il faut comprendre qu’il s’agit en même temps de nos conditions de travail.» Lorsque la prison se trouve dans un état lamentable, elle l’est autant pour les gardiens que pour les détenus.

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