BRUXELLES

Dans un barrage avec la police à la grève nationale: «T’as vu comment on fait pour bloquer une voiture?»

Dans un barrage avec la police à la grève nationale: «T’as vu comment on fait pour bloquer une voiture?»

Avenue de la Couronne à Ixelles, ce sont les policiers qui placent les barrages.

La CGSP filtre la circulation devant l’état-major de la police, à Ixelles. Index, pensions, pouvoir d’achat: ses piquets manifestent pour les raisons habituelles. Mais aussi contre «l’État policier» voulu par Jambon.

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«Bon, t’as vu comment on fait pour arrêter une voiture? C’est autre chose que travailler dans un bureau, hein, ça!»

Il est 7h30, bien avant l’ouverture des bureaux de l’état-major de la police fédérale, avenue de la Couronne à Ixelles. Mais les militants de la CGSP sont déjà sur place. Et cette fois, ce sont les policiers qui placent les barrages.

«Vous êtes pressée?» Répond un piquet à cette dame qui refuse son tract tout en maugréant. «Moi j’ai tout mon temps. Alors on va attendre un peu. Et c’est vous qui bloquez toute la file».
 


Barrage brisé sur la bande des bus

Alors qu’on s’organise pour bloquer les récalcitrants qui brisent le barrage pourtant très bon enfant en glissant sur la bande des bus, Rudy Janssens, Secrétaire fédéral CGSP rappelle que «toute la police est concernée par ce que veut le gouvernement».

«On est là aussi pour le citoyen», explique le syndicaliste. «Saut d’index, TVA, fins de carrières... De plus, nous avons entendu que Monsieur Jambon, le Ministre de l’Intérieur N-VA, veut créer un état policier pour éviter les manifestants. Tout en sabrant dans le budget de la police et des gardiens de la paix, qui travaillent au contact des citoyens dans les quartiers, il veut privatiser la police en remettant des missions policières dans les mains de services privés».

«Eh, toi, tu passes pas»

«Eh, toi, tu passes pas». Et Rudy Janssens de se tourner à nouveau vers les voitures au feu rouge, tout en annonçant que d’autres actions sont prévues ce lundi. «Et nous manifesterons également le 19 décembre autour du Sommet européen que nous encerclerons». Tout à ses plans, le syndicaliste n’est donc pas près de dormir tranquille, lui qui quadrille le pays depuis un mois, de l’aéroport de Gosselies au Makro de Liège en passant par le dépôt STIB de Delta.

«Merci mon ami! Vous avez bien raison de faire grève!», hurle un camionneur depuis sa vitre baissée. Et de repartir en réveillant tout le quartier de son klaxon surpuissant. Le bruit de l’adhésion. Et du ras-le-bol.