Présent simple

EdA - Jacques Duchateau

Le concept de simplicité volontaire, vous connaissez? Les gens qui en font un mode de vie s’appellent les simplicitaires.

Leur but dans la vie, se débarrasser de tout ce qui est superficiel, ne vivre que du strict minimum nécessaire, au rythme des cycles de la nature.

Un de mes potes est allé jusqu’en Tchéquie pour réaliser un documentaire sur un couple de Belges expatriés (en Bohème, ça ne s’invente pas). Ils vivent dans une roulotte, sur une petite colline où ils passent le plus clair de leur temps à faire pousser des légumes à foison. De son film intitulé «Présent Simple», je retiens deux trucs: qu’il est possible de conserver des courgettes sous son lit tout l’hiver (ben oui, dans 14 m2, stocker des cucurbitacées, c’est pas facile).

Mais surtout: bon sang qu’il est bon de prendre le temps de faire les choses, de ne pas se presser, de ne pas compresser le temps en voulant faire rentrer 36 000 activités dans une petite horloge qui ne contient que 24 heures.

Comme les animaux, nous avons un rythme biologique qu’il faut respecter. Et pour faire les choses bien, pour en profiter et faire profiter les autres de son bonheur, il n’y a pas de secret: on ne peut pas être dans une course permanente qui, de toute façon, nous mènera tous au trou. Et franchement, speeder tout le temps, vivre dans le stress des aiguilles qui tournent, c’est le creuser un peu plus vite chaque jour, non?

Se lever en vitesse, bouffer sa tartine en vitesse, boire son café dans la bagnole, arriver déjà épuisé au bureau, travailler en vitesse, revenir en vitesse, faire les devoirs en vitesse, faire l’amour en vitesse, dormir en vitesse: vous m’expliquez le sens de tout ça?

Moi, c’est décidé: désormais je parle et je vis au présent simple.