Assises Bruxelles - "Mon mari avait de bonnes relations avec les sunnites"

L'épouse de l'imam de la mosquée Rida a raconté jeudi, devant la cour d'assises de Bruxelles, que son mari n'avait jamais eu de différend avec qui que ce soit et qu'en tant que musulman chiite, il avait toujours eu de bonnes relations avec les musulmans sunnites. Rachid El Boukhari, un Marocain de 35 ans, est accusé de l'incendie volontaire de la mosquée chiite Rida à Anderlecht, le 12 mars 2012, qui avait coûté la vie à l'imam de cette mosquée, Abdellah Dahdouh, âgé de 47 ans. L'accusé avait expliqué son geste comme une volonté de punir les musulmans chiites pour des crimes commis en Syrie.

"Mon mari avait un doctorat en jurisprudence, en philosophie et en croyances. Il était devenu imam en 2002", a expliqué Fatima C., la veuve d'Abdellah Dahdouh et mère de leurs quatre enfants.

"Mon mari était quelqu'un de tolérant, d'ouvert. Il menait les cinq prières par jour à la mosquée Rida et il organisait les activités des scouts islamiques. Il incitait beaucoup les jeunes à témoigner du respect. Il était toujours souriant, il veillait à ne pas trop déranger les gens et il adorait ses enfants. Il faisait tous leurs caprices", a poursuivi la témoin.

"Mon père était mon héros, mon confident. Aujourd'hui, moi je suis majeure tandis que mes frères et soeur sont plus jeunes, alors j'essaie de m'occuper d'eux au mieux, pour aider ma mère", a également témoigné Khadija, la fille aînée de la victime.

"Mon père était contre tous les crimes commis en Syrie justement. Lui, il était avant tout citoyen belge et il était pour la paix. Il avait de très bonnes relations avec les sunnites, les chrétiens et les juifs. Depuis cet acte, même ici en Belgique, je me sens désormais menacée en tant que chiite", a ajouté celle-ci.

Mère et fille ont encore affirmé qu'elles ne pardonneraient jamais le crime commis par Rachid El Boukhari.

Ce dernier est accusé d'avoir, le 12 mars 2012, vers 19h00, bouté le feu à la mosquée Rida, située rue Docteur De Meersman à Anderlecht. L'incendie avait provoqué la mort d'un homme, Abdellah Dahdouh, l'imam de cette mosquée chiite.

L'incendie avait été provoqué par un déversement d'essence par l'accusé, substance qu'il avait ensuite enflammée.

Le feu avait également causé des blessures à deux autres personnes, des musulmans qui étaient là pour la prière du soir.

Rachid El Boukhari est également accusé d'avoir blessé une de ces deux personnes, ainsi qu'une seconde, avec un couteau et une hache, alors que ceux-ci tentaient de l'empêcher de mettre le feu.

Enfin, l'accusé doit répondre de menaces proférées envers ces quatre personnes et deux autres, soit toutes les personnes présentes au sein de la mosquée lorsqu'il y était entré.

Arrêté sur le lieu des faits par la police, Rachid El Boukhari avait immédiatement avoué les faits et avait expliqué son geste comme une vengeance à l'égard des musulmans chiites, responsables, selon lui, de crimes envers des musulmans sunnites en Syrie.

Le procès se poursuivra vendredi. Les autres parties civiles seront entendues lundi.

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