« C’est la fête de notre tennis »

« C’est la fête de notre tennis »

Julien Hoferlin s’occupe désormais de Steve Darcis, mais uniquement dans les tournois majeurs. IMAGELLAN

Julien Hoferlin,coach à temps partiel de Darcis, sera à Liège pour l’exhibition qui réunit le gratin du tennis belge. Entrevue.

On ne vous présente plus Julien Hoferlin, l’ancien capitaine de Coupe Davis et l’ancien coach d’Olivier Rochus. L’homme, revenu d’une expérience de six ans au sein de la fédé anglaise, s’occupe pour l’heure d’une jeune joueuse ukrainienne, Maryna Zanevska, actuelle 132e joueuse mondiale à la WTA, laquelle s’entraîne d’ailleurs en Belgique.

Julien, vous avez aussi pris les destinées de Steve Darcis en main?

Je ne coache Steve qu’à temps partiel, au contraire de Maryna, à laquelle je consacre un temps plein. Je suivrai Steve sur les grands chelems et sur certains tournois.

Steve, parlons-en. Âgé de 30 ans, quelles sont encore ses ambitions?

Notre objectif, c’est qu’il joue encore trois ou quatre ans, à la condition de revenir dans les cent premiers mondiaux, ce dont je ne doute d’ailleurs pas, après ce qu’il a montré dans les derniers tournois. Grimper dans la hiérarchie, je pense que ce n’est pas un problème pour lui. Le tout était de savoir si, avec sa blessure, il allait pouvoir se redonner les moyens physiques. Il peut vraiment espérer, aujourd’hui, ne plus souffrir de l’épaule. Avec son expérience et son talent, sa maturité tennistique, il doit revenir dans les cent premiers d’ici six mois maximum.

Cette exhibition ce week-end à Liège, organisée par le papa de Steve, c’est une heureuse initiative?

Cela tombe bien, ce sont des matchs d’entraînement, c’est chouette, cela se fait dans un bon état d’esprit, c’est l’occasion aussi de rendre une nouvelle fois hommage à Olivier Rochus. C’est la fête du tennis belge, mais cela reste une exhibition pour trois des quatre joueurs toujours en activité. Pour Goffin, Darcis et Bemelmans, c’est une belle occasion d’avoir deux matchs de compétition dans les jambes. Le seul reproche qu’on puisse faire, c’est que cela arrive un petit peu tôt, mais je sais aussi que ce n’est pas évident de trouver une bonne date. David aborde déjà sa période de préparation pour l’Australie, il ira bientôt à Dubaï. Steve, lui, s’entraîne en Belgique, jouera aussi en France en club, puis il sera à Nouméa en fin d’année pour un gros tournoi challenger. Ce week-end vient donc quatre semaines trop tôt, mais il a l’avantage de se jouer sur une surface dure, celle qui attend les joueurs en Australie.

Et puis, Liège, ce sont des bons souvenirs?

Que oui! La dernière fois à Liège, pour moi, c’était en coupe Davis contre l’Australie en 2007, avec une victoire 3-2. Je ne sais pas si on refera la même chose face à la Suisse en mars prochain. Mais on a toutes nos chances parce que je pense que Federer, il y a neuf chances sur dix qu’il ne sera pas là, alors que Wawrinka, en ayant aussi gagné cette coupe Davis, risque de faire aussi l’impasse. Et même si ce dernier est présent, cela ne doit pas empêcher la Belgique de se qualifier, c’est une évidence.

Au fond, de quoi manque le tennis en Belgique?

De rien… sinon de plus gros moyens financiers et structurels. En Angleterre, c’est sans rapport avec la Belgique sur ce plan-là. Alors que, chez nous, on place régulièrement des jeunes dans le top 100. Ce qui n’est pas nécessairement le cas en Angleterre. Ce qu’on parvient à faire en Belgique, c’est très fort, impressionnant. Alors, rendez-vous compte si on se donnait vraiment les moyens pour développer et dénicher les talents. Attention, il faut aussi se rendre compte que Henin ou Clijsters n’étaient pas des références pour notre tennis, parce que c’était des extraterrestres et qu’on ne pouvait les comparer à personne.