Atomes

EdA - Jacques Duchateau

L’atomisation de l’État est-elle codifiée dans un cahier à spirales? C’est la question à quatre atomes crochus de la semaine.

L’atoma aurait pourtant dû être un carnet aussi rose que l’annonce de la paternité future de notre jeune Premier ministre. Ou alors cela aurait pu être un carnet de comptabilité comme celui du budget dont les chiffres n’ont pas tourné très rond, ces derniers jours, au point de nécessiter un ajustement en mars prochain, finalement. Pour la communication, c’est raté. De toute façon, le cahier de brouillon le plus luxueux qui soit depuis six décennies, l’Atoma, a pris toute la lumière sur lui. Ce «joyau de la couronne de Belgique», incarne désormais une spirale de politique infernale. (Notons que les papeteries qui le produisent si royalement ont récemment déménagé de Bruxelles vers la Flandre. Passons…) Ledit cahier est devenu en quelques heures le symbole du complot. La N-VA veut la fin du pays, et un roi qui ne promulgue plus les lois de notre peuple qu’à l’encre sympathique, invisible, donc. Toute cette histoire révèle au fond un secret connu. Jan Jambon, ministre de l’Intérieur, n’a pas d’atomes crochus avec la royauté et l’État fédéral. Et même un atome de bon sens ne semble pas traverser l’esprit de la N-VA, et du ministre de l’Intérieur, pour se faire discret à ce sujet.

Pour autant, la vraie question est la suivante: les partenaires de la majorité ont-ils au moins, eux, des atomes crochus? Car côté affinités, le pays vit désormais au rythme des inimitiés entre partis francophones et des défiances entre partenaires sociaux. Alors si même entre le MR, la N-VA, le CD & V et l’Open-VLD, le courant ne passe pas, le court-circuit serait imminent. Cette question-ci est bien plus importante que de savoir s’il existe ou non un accord atomique qui serait mis sur orbite éventuellement, peut-être, dans cinq ans.