ANDERLECHT – FC BRUGES

Hasi: «J’étais un enfant pourri gâté»

Hasi: «J’étais un enfant pourri gâté»

Belga

Derrière Besnik Hasi l’entraîneur d’Anderlecht se cache une personnalité attachante. Rencontre à cœur ouvert avant le choc de dimanche contre Bruges.

Son enfance.«J’ai grandi dans une famille de cinq enfants, entouré de trois sœurs et d’un frère. Je suis arrivé en quatrième position alors que mes parents avaient déjà eu trois filles. Etre le premier garçon de la tribu, dans mon pays, c’est quelque chose! J’ai été traité comme un roi par mes sœurs et ma maman. J’étais un enfant pourri gâté. Je n’arrêtais pas de jouer au football dans la rue et je rentrais à la maison avec des blessures car les bagarres étaient légion. J’ai parfois été un petit gamin de merde à l’époque mais je n’ai jamais vraiment dérapé car j’ai toujours pu me reposer sur la stabilité de la famille. Pendant la guerre, je n’ai pas vu ma famille durant 7 ans mais nous sommes toujours restés proches, on s’appelait tout le temps. Aujourd’hui encore, nous sommes tout le temps en contact. Ma maman vit toujours à Gjakova, la ville où je suis né au Kosovo.»

L’école.«Ma maman était mère au foyer et mon papa, qui a été vendeur toute sa vie, a tout fait pour que je fasse l’université. Je n’avais d’autre choix que de réussir à l’école car si les résultats étaient mauvais, les claques et les engueulades pleuvaient à la maison. Mon père était supporter du KF Vellaznimi, mon premier club, mais dès que mes bilans n’étaient pas bons, il me privait d’entraînement. Cela lui faisait aussi mal qu’à moi. J’ai finalement fait une année d’économie à l’université mais j’ai arrêté à 19 ans à cause du football. Mon frère, lui, a décroché son diplôme et travaille pour Coca-Cola au Kosovo.»

Le décès de son papa.«J’avais 25 ans lorsque mon papa est décédé. Je jouais à l’époque à Munich 1860. Je ne l’avais plus vu depuis plus de deux ans en raison des conflits dans ma région et je n’ai pas su assister à son enterrement. La plaie n’est toujours pas cicatrisée aujourd’hui. Je comprends très bien la souffrance de Conte qui, à cause du virus Ebola, ne peut pas rentrer voir son papa victime d’une crise cardiaque.»

La guerre.«La guerre a malheureusement rythmé ma vie. En 1999, alors que je jouais la saison du titre à Genk, j’ai mis sur pied une action humanitaire en compagnie de Strupar. Nous avons récolté 80 000 euros et sommes venus en aide à 350 familles dans les centres pour réfugiés. Peu de temps après, la nouvelle maison que j’avais construite pour ma famille au Kosovo a été détruite par une bombe. Je suis convaincu qu’il s’agissait d’une vengeance. Mais aucun proche n’a été tué, c’est le principal. Ma fiancée, qui est devenue ma femme, est restée enfermée dans une cave durant trois mois. Je ne savais même pas si elle était encore vivante. Aujourd’hui, elle ne parvient même plus à regarder un film de guerre.»

Pro League

Classement
# MJ V D N B P
1 FC Bruges 10 8 0 2 26/3 26
2 Standard 11 7 2 2 24/9 23
3 La Gantoise 10 6 2 2 22/12 20
4 Antwerp 9 5 2 2 19/11 17
5 FC Malines 10 5 3 2 16/16 17
6 KRC Genk 10 5 4 1 15/12 16
7 Zulte-Waregem 11 4 3 4 18/14 16
8 Mouscron 11 4 3 4 14/13 16
9 Courtrai 11 4 5 2 20/17 14
10 Charleroi 9 3 3 3 13/13 12
11 St-Trond 9 3 4 2 8/15 11
12 Ostende 11 3 6 2 15/23 11
13 Anderlecht 10 2 5 3 8/12 9
14 Eupen 11 2 6 3 9/24 9
15 Waasland-B. 11 1 6 4 8/22 7
16 Cercle Bruges 10 1 9 0 8/27 3