Un acte manqué

EDA Claudy Petit

Une belle gaffe! Une très belle même. Une de celles qui déclenchent un fameux tintamarre de cloches aux oreilles du fautif.

Il n’avait d’ailleurs pas l’air amusé du tout, le bourgmestre Bouchat, lorsqu’il a été mis devant le fait, lors du dernier conseil communal de Marche. À l’occasion de la discussion sur le budget, l’opposition, et plus particulièrement Bertrand Lespagnard, a soulevé un fameux lièvre. Plusieurs promotions sont prévues dans l’administration marchoise, des promotions qui exigent une procédure bien établie et légale: ouverture de poste, appel à candidatures, examen ou concours, constitution d’un jury… Le hic, c’est que dans les documents distribués aux conseillers ce soir-là figuraient déjà les… noms des personnes appelées à occuper ces postes. La gêne. Des gens compétents par ailleurs, qui seront peut-être (sans doute) seuls candidats et qui effectivement bénéficieront de ces promotions. N’empêche. Un véritable acte manqué, la révélation d’un désir inconscient. Le bourgmestre André Bouchat, à cheval sur les principes, la transparence, la démocratie, mal à l’aise, n’a pu que reconnaître la grossière erreur. Par erreur entendait-il la désignation des noms ou le fait de les avoir déjà glissés dans les fardes? Toujours est-il que les documents ont été illico retirés de la circulation et repris aux conseillers. Sur le plan des principes, la gaffe est monumentale, même si au final cela ne changera sans doute rien. Ne parlons pas de gaffe, mais de risque inconsidéré cette semaine également pris par Bruno Antoine, le secrétaire fédéral CSC du Luxembourg. Dans un souci didactique sans doute, dans son intervention lors de la journée de la grève, il a fabulé des comportements de bourgmestres, si certaines mesures fédérales envisagées devenaient effectives. En d’autres termes, il a inventé des décisions que prendraient Benoît Piedbœuf, Benoît Lutgen et Véronique Biordi dans le futur, dans certaines conditions. L’affabulation en effet de manche est mal passée auprès du président du cdH, bourgmestre de Bastogne. Il l’a fait savoir à l’intéressé. Bruno Antoine campe sur la pertinence de son intervention. Benoît Lutgen digère mal le procédé. Un Lorrain aussi peut être têtu.