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Rebondissement sur le gong dans le dossier du campus de la Plaine

Rebondissement sur le gong dans le dossier du campus de la Plaine

Les membres du collectif «Sauver la Plaine» se sentent bâillonnés par les astreintes. (Facebook)

Un document prévoirait le non-morcellement du Campus de la Plaine dès son arrivée dans le giron de l’ULB. De quoi secouer le dossier au Conseil d’État. Et peut-être enterrer le projet immobilier de standing défendu par Immobel. Le comité «Sauver la Plaine» ne désarme pas.

Un rebondissement de toute dernière minute est venu remuer le très chahuté dossier du campus de la Plaine, à Ixelles. Selon la RTBF en effet, les opposants au projet immobilier Universalis Park viennent de mettre la main sur des documents qui attestent du caractère indivisible du campus. Ce document émanant du Bureau des Hypothèques remonte à la cession du terrain à l’Université par l’État belge. Il prévoit le non-morcellement.

Le document tombe à pic: ce vendredi 28 novembre était le dernier jour pour la remise des arguments devant permettre au Conseil d’État de rendre son avis dans le recours en annulation qui a suivi le rejet par ce même Conseil d’état du recours en suspension d’extrême urgence contre le permis d’urbanisme.

S’il s’avère authentique et recevable, le document pourrait faire s’écrouler le projet immobilier, croit savoir la RTBF. Un fameux renversement de situation.

Délogés sans ménagement

Pour rappel, le comité « Sauver la Plaine » et l’association « Bruxelles Nature » luttent depuis des jours contre l’intention du promoteur Immobel d’implanter, sur le Campus, un ensemble immobilier de standing. C’est pour ce faire que certains étudiants se sont enchaînés aux arbres du site, dont 147 doivent être abattus. Sans succès puisque, ce jeudi, la police et les huissiers les ont une nouvelle fois délogés sans ménagement. Une action relativement musclée assortie d’astreintes s’élevant à plus de 17.000€.

Le comité juge d’ailleurs ces frais d’huissiers «abusifs» et a, à ce titre, rencontré le bourgmestre Decourty (PS) ce 28 novembre. Suite à quoi ce dernier a promis de relayer les revendications de «Sauver la Plaine» au prochain Collège.

Ce samedi à 13h30, «Sauver la Plaine» manifestera une nouvelle fois place Fernand Coq, devant la Maison communale d’Ixelles. Nul doute que la découverte à point nommé du document leur donnera un fameux coup de boost.
 

«Ça va déraper»


Le comité Tervueren-Montgomery suit le dossier de très près depuis le départ. Et se montre choqué par les interventions «musclées» opérées ce 27 novembre sur une vingtaine d’étudiants de «Sauver la Plaine».

«Un tel déploiement de force, c’est choquant dans un état de droit. Les étudiants ont subi des traitements inadéquats. Et de telles astreintes de 18.000€, ce n’est pas acceptable. Immobel ne doit plus continuer comme ça», nous confie un membre du comité Tervueren-Montgomery, très remonté, et qui prévient que la Ligue des Droits de l’Homme se penche sur le dossier. «La démocratie, c’est parler. Pas prendre des décisions de justice et “ matraquer ” ceux qui ne sont pas d’accord avec vous. Tout ça, ce n’est pas sain pour Bruxelles: ça va déraper».

«On n’est pas des gauchos écolos»

D’après le comité Tervueren-Montgomery, conserver le parc du campus de la Plaine est vital pour Bruxelles. «C’est un élément constitutif du maillage vert, le lien entre ville et forêt. La Commission européenne recommande de conserver de tels îlots et d’arrêter de tout bétonner. On n’est pas des gauchos écolos: nous sommes des Bruxellois qui luttons pour protéger le plus grand espace vert d’Ixelles, alors que Bruxelles est de moins en moins verte, au contraire de ce qu’on nous fait croire».

Pour le comité, la ligne rouge est franchie. «On va contre-attaquer. C’est ça, l’entraide bruxelloise». Avant de conclure. «Si les documents en possession des opposants s’avèrent concluants, c’est la caducité totale du projet qui s’annonce».


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