Chez Marc-Antoine Mathieu, un album succède à l’autre, presque naturellement. «Ça se fait sans forcer », confirme-t-il. Les sujets varient, eux aussi, mais au fond, il s’agit toujours de nos vies.

Et du sens qu’elles revêtent, sans pour autant perdre contact avec notre quotidien. En 2000, dans Mémoire morte, Mathieu se faisait même visionnaire lorsqu’il pointait les dangers d’une information galopante et omniprésente. Difficile de lui donner tort quand on voit la fameuse «infobésité» dans laquelle nous baignons aujourd’hui.

«Sommes-nous encore des individus?»

Avec sa prochaine livrée, l’auteur reviendra à une bande dessinée plus conventionnelle dans laquelle il a prévu d’explorer, à sa façon, notre identité. Et qui se posera, quelque part, en suite officieuse de Mémoire morte « Je lis beaucoup, je reste connecté au monde, poursuit-il. Et il fait naître chez moi des interrogations. La question de l’individu et de nos identités est essentielle. Dans un monde où une information toujours plus abondante, y compris nous concernant, circule, sommes-nous encore réellement des individus? Et jusqu’où irons-nous dans la porosité de l’individu? Finirons-nous par devenir transparents? C’est une question qui peut paraître absurde, encore une fois, mais qui est pour moi pleine de sens. Ça va être palpitant à écrire et à dessiner, c’est sûr