Routes : coup de gueule des entrepreneurs

Routes : coup de gueule des entrepreneurs

"sauvonsnosroutes.be" invite à prendre des photos et permet aussi d’envoyer du courrier aux élus. FWEV

Des patrons wallons d’entreprises de voiries mécontents… Chute des carnets de commandes, malgré des routes sans entretien depuis 30 ans.

Avec un chiffre d’affaires en baisse pour la plupart des sociétés concernées, les membres de la Fédération wallonne des entrepreneurs de travaux de voiries (FWEV) sont inquiets. À la fois pour la pérennité de leur entreprise et l’emploi, mais aussi pour la sécurité et la mobilité.

Les patrons font le maximum pour garder leur personnel. Mais si le nombre de mises en adjudication continue de chuter (- 40% entre le 1er janvier 2013 et le 1er novembre 2014), certains vont devoir licencier. Ce qu’a déjà dû faire avec regret André Roiseux, à la tête d’une entreprise de 70 personnes.

« Tout pour l’emploi, a-t-on entendu avant les élections. Depuis août, on enregistre un chômage technique de 10 à 20% dans notre secteur. Avec ce qui s’annonce, on arrivera à 30%. Et puis, il y a les centrales à béton concernées, les chauffeurs, les fabriques de conduits et tuyaux…», déclare Louis Eloy, administrateur FWEV.

Étonnant à ses yeux, cette frilosité en entretiens et travaux vu des taux d’intérêts très bas et une pression européenne pour entamer de grands travaux structurels. Les trois donneurs d’ordre dans nos provinces sont la Sofico, la Région wallonne et les communes. Au menu: plus de nouveaux projets autoroutiers et gros coup de frein pour l’entretien du réseau régional secondaire en 2015, avec une reprise possible en 2017. «Les Communes représentaient un potentiel de 360 millions d’€ entre 2013 et 2016. Au 15 novembre 2014, seuls 50 millions d’€ de travaux ont été engagés. Outre les difficultés financières des communes, les contraintes budgétaires imposées par l’UE les empêchent d’étaler le financement sur plusieurs années», explique encore Didier Block, secrétaire général de la FWEV.

«1€ investi, c’est + 14€ de PIB»

« Les communes, c’est 50% de nos carnets de commandes, illustre Jean-Jacques Nonet, président de la FWEV. Elles peuvent dépenser un certain montant par habitant. Il faut savoir qu’un seul euro investi dans le transport a un impact de 14€ sur le PIB.» Les «voiristes» lancent une importante campagne de communication parrainée par trois sportifs (lire ci-dessous). «Sauvons nos routes», s’inscrit sur une page facebook, un site internet, des affichettes et autocollants… « On demande une relance par des investissements publics ciblés, générateurs d’emplois et de croissance locale. On souhaite une profonde réforme structurelle du mode de financement des infrastructures de transport. Les moyens modernes permettent de chiffrer les budgets nécessaires pour l’entretien et la remise en état des voiries », conclut la FWEV.

www.sauvonsnos routes.be