ASSISES DE LIÈGE -

Affaire Ihsane Jarfi : les accusés n’ont pas tout dévoilé

Affaire Ihsane Jarfi : les accusés n’ont pas tout dévoilé

Jonathan Lekeuet les autres accusés du «procès Jarfi » n’ont pas tout dévoilé. BELGA

Le chef d’enquête a détaillé jeudi devant la cour d’assises de Liège l’ensemble des investigations qui ont été réalisées pour élucider les circonstances de l’homicide d’Ihsane Jarfi survenu le 22 avril 2012.

Les accusés ont reconnu certaines violences extrêmes imposées à la victime. Mais une période de 40 minutes de leur emploi du temps reste inexpliquée.

Le chef d’enquête Nicolas Debrulle a présenté un long exposé qui résume l’ensemble de l’enquête réalisée pour identifier les auteurs des faits et expliquer les événements qui se sont déroulés avant le décès d’Ihsane Jarfi. La VW Polo dans laquelle se trouvaient Mutlu Kizilaslan, Jérémy Wintgens, Jonathan Lekeu et Eric Parmentier avait déjà été impliquée dans une première scène de provocation qui s’était déroulée dans le centre de Liège, à proximité de l’Open Bar. Un groupe de cinq passants avait été insulté et provoqué par les occupants de cette voiture qui cherchaient la confrontation avec une certaine agressivité.

Un peu plus tard dans la soirée, cette VW Polo s’est ensuite arrêtée devant l’Open Bar. Selon des témoins, le passager, Jérémy Wintgens, aurait fait des avances à une fille au décolleté généreux mais Ihsane Jarfi s’est interposé et avait engagé la conversation avec les occupants de la voiture. Il est ensuite monté de sa propre initiative dans la voiture. Ihsane Jarfi était joyeux et avait un peu bu la nuit des faits.

L’enquête a démontré que la voiture des auteurs, dans laquelle se trouvait aussi Ihsane Jarfi, a quitté le centre de Liège vers 03h30 pour arriver à Villers-le-Temple vers 04h00. Un premier arrêt a été effectué à Sclessin, pour placer Ihsane Jarfi dans le coffre de la voiture. Le véhicule a ensuite emprunté la route du Condroz en direction de Nandrin. Elle a fait un second arrêt à un endroit qui reste indéterminé.

Un second endroit encore inconnu

Les accusés n’ont pu livrer de détails sur ce second endroit, où de très nombreux coups auraient encore été portés à Ihsane Jarfi. Ils prétendent ne pas savoir où il se situe ou ne plus s’en souvenir. Ils pourraient volontairement préférer ne pas dévoiler la localisation de cet endroit afin de ne pas devoir s’expliquer en détails sur ce qui s’y est produit. Après avoir comparé leurs données et les déclarations des accusés, les enquêteurs ont constaté qu’il subsiste une période de 40 minutes sur laquelle ils n’ont pas été en mesure d’expliquer ce qu’ils ont fait.

Devant les enquêteurs, Jonathan Lekeu avait notamment reconnu qu’aucun des agresseurs n’avait tenté de mettre fin aux violences infligées à Ihsane Jarfi. Il s’agissait d’un déchaînement de haine sans limites. Lekeu avait précisé qu’Ihsane Jarfi n’avait aucune chance de s’en sortir. Il était déjà inconscient lorsqu’il a été déshabillé puis abandonné dans un champ.

Lors de perquisitions réalisées chez les accusés, les enquêteurs ont retrouvé des jeux de Play Station comme Grand Theft Auto, Dead Island et Call of Duty. Certaines scènes de ces jeux correspondent aux faits qui ont été infligés à Ihsane Jarfi.

Une vidéo de la reconstitution des faits, dans laquelle les accusés présentent leurs versions des faits, a été diffusée aux jurés.