BASSENGE

Région liégeoise: les moutons de retour dans les villages, comme il y a un siècle

Plusieurs dizaines de moutons ont traversé les villages de la région de Bassenge. Comme au bon vieux temps, ils ont effectué leur transhumance pour passer l’hiver au chaud. Et permettre à un beau projet de ferme de se développer.

Bassenge, la Basse-Meuse, la montagne Saint-Pierre et ses richesses naturelles, à quelques centaines de mètres de la frontière, dans la région de Visé. Voilà une terre qui accueillait de nombreux bergers avec leurs pâturages voici quelques dizaines d’années. Mais l’agriculture et la société ont changé, la tradition de la transhumance a progressivement disparu.

Francis Krauth et Muriel Vansimaeys ont décidé de faire revivre les pâturages dans cette belle région. Ce mercredi, ils organisaient pour la première fois une transhumance d’envergure, avec une petite septantaine de moutons, en traversant les villages de la commune de Bassenge, en attirant pour l’occasion de nombreux curieux.

Il y a un siècle, cette pratique était courante, comme en témoignent encore de nombreuses cartes postales des villages d’Eben-Emael, Glons, etc. «Le fond de vallée était plus dévolu aux vaches. Mais il y avait des moutons sur les coteaux, notamment ces coteaux pauvres, qui conviennent mieux aux moutons qu’aux vaches», commente Francis Krauth.

« Ce sont ces moutons qui ont créé cette biodiversité pendant des décennies et c’est ça qui a fait que petit à petit, nous sommes arrivés à des zones d’une exceptionnelle richesse. Ca s’était perdu depuis presqu’une centaine d’années. Ca revient tout doucement depuis 20-30 ans. On veut lui donner un souffle nouveau en restaurant toutes les traditions vont avec, comme celle de la transhumance.»

Les moutons, une solution idéale pour restaurer la biodiversité

Ils s’attellent à mettre sur pied une ferme d’agriculture biologique s’appelant Rosa Canina, permettant de restaurer une certaine biodiversité sur la montagne Saint-Pierre.

«On est dans le cadre d’un vaste projet de restauration de réserves naturelles qui est géré par l’ASBL Natagora, qui vise à restaurer toutes les pelouses calcaires de la montagne Saint-Pierre», détaille Francis Krauth. «Cela constitue une quarantaine d’hectares de terrains qui doivent être entretenus. Et la meilleure façon de les entretenir, c’est de les gérer avec un pâturage de moutons.»

Les chiens de berger, les fameux Border Collies, font partie intégrante du projet. Quelques porcs ont également intégré le projet.

Le couple a d’ailleurs choisi de faire appel au financement participatif pour faire évoluer ce projet de restauration de l’environnement local. «Gérer toutes ces réserves naturelles, ça a un coût. Pour nous, en tant qu’agriculteurs, ce n’est pas évident», reconnaît d’ailleurs Francis Krauth.

www.rosacanina.be

Le projet de financement participatif: www.kisskissbankbank.com/les-moutons-de-la-diversite