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«L'histoire glaçante» du pseudo-terroriste de l’avenue Louise vu de France: «un cas d'école»

L'histoire rocambolesque qui a beaucoup fait parler d’elle en début de semaine sur ce jeune homme recherché pour le port d’une arme qui était en fait une batte de cricket, intéresse aussi nos voisins français.

L’appel à témoins lancé par la police montrait un jeune homme portant sous le bras un objet dissimulé par un vêtement. En fait d’arme, il s’agissait d’une batte de cricket que le jeune homme protégeait de la pluie. Pour celui-ci, le mal était toutefois fait.

Une partie de la presse belge a en effet sauté à pieds joints sur l’affaire pour en faire ces choux gras et gros titres, certains quotidiens concurrents parlant même de «terroriste».

«L’avis de la police était neutre et correct», avait-on souligné au cabinet du ministre de l’Intérieur Jan Jambon.

Une histoire un peu folle qui s’est répandue un peu partout même hors de nos frontières. Une journaliste de la «Nouvelle édition », sur Canal +, est venue mener son enquête à Bruxelles.

«Une histoire qui est un vrai cas d’école de ce que peut être une rumeur raciste sous climat de paranoïa », commente Ali Baddou avant de lancer le reportage sur celui qui est présenté comme l’ennemi public N° 1.

De retour en plateau, les journalistes se montrent assez critiques quant au traitement de l’information par une partie de la presse belge. «Une histoire assez glaçante dont on n’arrive pas à savoir qui a fait la faute », reprend Ali Baddou.

Le présentateur évoque même la «mauvaise foi » d’un rédacteur d’un quotidien concurrent interrogé sur le sujet. «C’est un peu facile de refaire le match depuis Paris», atténue un peu la journaliste venue voir sur place à Bruxelles. «Les journalistes ont un peu tendance à se renvoyer la balle. Ce qui sûr, c’est que les policiers ont émis un avis de recherche assez anxiogène, mais qui reste au final beaucoup plus mesuré que certains articles de la presse belge.»

La journaliste cite ensuite l’avis de recherche. «Le jeune homme portant un objet pouvant être une arme. » Elle insiste trois fois sur le terme «pouvant».

Même si ça y ressemble quand même, la journaliste refuse toutefois de faire un procès à la presse belge. «Nous ne voulons pas donner de leçon à nos confrères belges, termine-t-elle. Si nous avons fait ce reportage, c’est aussi parce que nous avons conscience que cette histoire pourrait aussi arriver en France. » Avant de rappeler le climat spécial dans lequel c’était déroulée cette histoire, trois mois jour pour jour après l’attentat du musée Juif qui avait fait quatre victimes.