SANTÉ -

Pas encore levé !, « C’est pas moi, ce sont les hormones... »

Pas encore levé !, « C’est pas moi, ce sont les hormones... »

Pas encore levé à cette heure! Votre ado a de bonnes raisons (scientifiques) à faire valoir. Reporters / Photononstop

Les ados qui restent au lit bien tard? Laissez-les faire, c’est la faute à leur résistance aux hormones du sommeil, dit une étude américaine.

Note aux ados: imprimez, transférez, envoyez-la par courrier,… peu importe la manière, mais faites lire cette info à vos parents: c’est scientifiquement prouvé, ils doivent vous laisser faire la grasse matinée!

C’est dit un peu platement comme ça, mais c’est pourtant bien le sens de la conclusion d’une étude de la Brown University sur l’évolution du sommeil des adolescents.

L’université de l’état de Rhode Island, aux États-Unis, a suivi les habitudes de sommeil de dizaines d’adolescents pendant deux ans et demi. Une première, indiquent les chercheurs, expliquant que jusqu’alors les études s’étaient intéressées essentiellement à la durée du sommeil et non au moment de déclenchement de celui-ci.

Une résistance de plus en plus forte aux hormones du sommeil

Or, cette vaste recherche démontre qu’en vieillissant, les jeunes s’endorment progressivement plus tard car leur physiologie répond plus difficilement à l’appel de Morphée. Ce qui s’explique par une résistance de plus en plus forte au fil des ans aux hormones qui déclenchent le sommeil.

Entre le moment du déclenchement de ce signal hormonal et la plongée dans le sommeil, les adolescents les plus âgés peuvent ainsi «résister» de une à deux heures de plus que les plus jeunes.

Exemples tirés de cette étude: en moyenne, un même enfant s’endormait à 21h30 à l’âge de 9 ans et à 22 heures à 11 ans. Un autre, âgé de 15 ans, trouvait le sommeil en moyenne à 22h35 mais seulement à 23h05 deux ans plus tard.

Et il s’agit de moyennes, prévient Mary Carskadon, professeur de psychiatrie à la Brown University. L’impact du déclenchement hormonal peut ainsi être très différent d’un individu à l’autre.

Bref, “non, je ne dors pas encore, mais c’est pas ma faute ce sont les hormones qui ne font pas effet” risque bien de devenir l’argument imparable que pourraient entendre les parents qui réclament l’extinction des feux dans la chambre de leur ado…

Dormir plus tard, donc changer les horaires scolaires

Dans la présentation de leur étude, les chercheurs de la Brown University estiment aussi que celle-ci doit permettre d’apppuyer l’appel que lançait en août dernier l’Académie américaine des pédiatres.

Dans une note intitulée «Let them sleep» (laissez-les dormir), les pédiatres américains indiquaient que les adolescents qui ne dorment pas assez souffrent souvent de problèmes de santé physique (surpoids notamment) et mentale (dépression,…). Mais sont également exposés à des risques plus importants d’accidents de la route et de baisse de rendement scolaire.

Pour remédier à cette situation, l’American Academy of Pediatrics recommandait ainsi d’harmoniser les horaires scolaires avec les cycles biologiques des élèves. Avec pour principale mesure de décaler jusqu’à deux heures la rentrée des classes dès l’âge de la puberté afin de leur permettre de dormir plus tard.

Les chercheurs de la Brown University soulignent d’ailleurs dans leurs conclusions que les ados se réveillent systématiquement plus tard lorsqu’ils arrivent dans l’enseignement supérieur (où les cours débutent plus tard). Quant à tous les autres, ils tentent de récupérer le déficit de sommeil en restant plus longtemps dans les plumes le week-end.

Vous oserez encore les en tirer sans scrupule maintenant?