Un meurtrier obsédé par Gaudi

Magnifiée par Eduardo Mendoza ou Manuel Montalban, Barcelone est au centre de cette haletante course-poursuite de quelque 650 pages.

De même que l’architecte Antoni Gaudi, figure emblématique de la capitale catalane. C’est au balcon de l’un de ses plus fameux immeubles, la Pedrera, qu’un homme en flamme est retrouvé pendu. Filmé par son meurtrier, le voici sur Internet. L’enquête est confiée à l’imprévisible Milo Manart, pourtant mis sur la touche depuis une altercation avec son supérieur, flanqué d’une équipière fascinée par les séries américaines. D’autres meurtres de notables sont perpétrés, tous en lien avec l’artisan de la Sagrada Familia. C’est donc le génie créateur de cet artiste que magnifie ce polar qui permet à son auteur, Aro Sainz de la Maza, de méchamment écorner l’image de sa ville natale avec ses scandales financiers et politiques, une corruption endémique, ses activités bancaires douteuses, etc. Mais c’est l’Espagne elle-même qui est disséquée dans l’après-crise de 2008 qui l’a projetée dans une situation économique cruciale. À cela vient s’ajouter l’histoire toujours mystérieuse des francs-maçons, à quelques jours d’une visite papale.

Aro Sainz de la Maza, «Le Bourreau de Gaudi», Actes Sud, 664 p., 23,80€.