BUDGET FÉDÉRAL

Van Overtveldt et Jamar répondent… un peu

Van Overtveldt et Jamar répondent… un peu

Pour Hervé Jamar (MR) et Johan Van Overtveldt (N-VA), les divergences de vue entre la Cour des comptes et le gouvernement relèvent d’une question de méthode. BELGA

Johan Van Overtveldt et Hervé Jamar ont brièvement répondu aux remarques sur le budget fédéral émises par la Cour des comptes.

La Commission du budget de la Chambre a connu un début de séance agité, mercredi après-midi, à l’image de la séance de la veille. Mardi matin, les représentants de la Cour des comptes avaient présenté leur rapport sur le budget 2015. Leurs estimations financières, fondées sur des explications demandées au SPF Finances de plusieurs points du budget diffèrent de celles du gouvernement, notamment au sujet de l’effet du saut d’index. Pour rappel, le gouvernement s’attend à une détérioration de l’impôt des personnes physiques (IPP) de l’ordre de 682 millions d’euros alors que la Cour parle de 970 millions. Le rendement de l’impôt des sociétés augmenterait quant à lui de 215 millions, selon le gouvernement, et de 457 millions selon la Cour (lire notre édition du 26/11).

Macroéconomiecontre microéconomie

Selon M. Van Overtveldt, en ce qui concerne l’IPP, le SPF s’est fondé sur une méthode d’estimation macroéconomique alors que le gouvernement est parti de données microéconomiques fondées notamment sur les crédits salariaux effectifs et a pris l’hypothèse d’un dépassement de l’indice-pivot en mars 2015. Qui plus est, le gouvernement, au contraire des Finances, a tenu compte du fait que le saut d’index n’a pas les mêmes conséquences dans tous les secteurs, puisque l’application de l’indexation automatique varie de l’un à l’autre.

Les explications sont plus laconiques à propos de l’impôt des sociétés. Le gouvernement tient notamment compte d’une reprise des investissements, qui se trouvent toujours en dessous de leur niveau de 2008, et donc de déductions de coûts et de frais plus importantes. «Nous avons choisi une approche conservative qui témoigne de notre volonté de gérer le budget en bon père de famille», a souligné M. Van Overtveldt. Quant au ministre du Budget Hervé Jamar (MR), il a concédé que le gouvernement avait fait un choix, celui d’assainir en réduisant les dépenses publiques et ce rapidement. Le ministre a aussi voulu relativiser les craintes exprimées à propos de certains secteurs, notamment en Justice à propos du paiement des magistrats. Selon la Cour des comptes, il manque de quoi payer un mois. «Le gouvernement, comme ses prédécesseurs, a tenu compte de l’occupation effective du cadre, soit 93%», a fait remarquer M. Jamar.

L’opposition PS, Écolo, cdH n’est pas convaincue, loin s’en faut. «On a un gouvernement aux abois, qui se trompe dans ses chiffres depuis le début et, maintenant, nous présente une note tronquée pour essayer de faire rentrer le dentifrice dans le tube», a lancé Ahmed Laaouej (PS).