POLITIQUE

Les top managers divisent les ministres

Les top managers divisent les ministres

Belga

Déplafonner les salaires des top managers? Entre Alexander De Croo, qui dit ne pas y penser, et Jacqueline Galant,les versions divergent.

La position du ministre est «beaucoup plus nuancée » qu’on ne l’a dit, assure le cabinet d’Alexander De Croo. Et sa vision de la gestion de bpost ou de Proximus «est unanimement soutenue par la majorité ». Unanimement? En charge de la Mobilité, Jacqueline Galant (MR) se distancie de son collègue Open VLD des Télécommunications et de la Poste: «Les engagements du précédent gouvernement (sur la limitation à 290 000 euros de salaires des top managers) seront évidemment respectés », assure-t-elle. Les violons gouvernementaux devront être raccordés!

«La jungle du libéralisme »

C’est un article de L’Écho, consacré au «plafond des 290 000 euros dans les entreprises publiques (qui) n’existe pas » qui a mis le feu aux poudres, hier matin.

Le ministre des Entreprises publiques du gouvernement Di Rupo, Jean-Pascal Labille (PS) avait voulu imposer cette limitation: il n’a pas pu faire passer la loi nécessaire.

Alexander De Croo, lui, se déclare «beaucoup moins interventionniste que (son) prédécesseur ». Il ne tentera donc pas de faire approuver ce plafonnement légal.

«Au moment où les citoyens doivent faire de lourds efforts, (avec cette annonce), le gouvernement se moque de la population », s’indigne le sp.a. «Une nouvelle gifle pour les travailleurs de ces entreprises publiques », renchérit l’élue Écolo Muriel Gerkens: les «Verts », eux, prendront une initiative législative.

Le groupe PS de la Chambre ne les a pas attendus: il a déjà déposé à nouveau sa proposition de loi limitant la rémunération des dirigeants des entreprises publiques. Pour brider «le retour à la jungle du libéralisme au détriment du service public et de la justice salariale », lance la députée Karin Lalieux.

Le vice-Premier ministre libéral flamand, en charge notamment de la Poste et des Télécommunications «veut faire confiance au management et aux administrateurs de ces entreprises . Une confiance qui repose sur leur responsabilité», répète le cabinet d’Alexander De Croo.

Un problème «qui ne se pose plus »

Car leur gestion, poursuit-on, «doit s’inscrire dans la logique de rigueur qui s’applique partout à l’heure actuelle: ce qui vaut pour tous les secteurs de l’économie s’applique aussi pour ces entreprises publiques ».

C’est aux administrateurs de fixer le salaire de leurs top managers. Et fixer une limite légale à cette rémunération est d’autant moins opportun que «tant chez bpost que chez Proximus, de nouveaux CEO sont entrés en fonction il y a peu. Le problème de leur rémunération ne se pose donc plus: il se posera au plus tôt dans six ans. »

La majorité soutient cette vision dans son ensemble, a-t-on encore souligné.

Avant que la déclaration de Jacqueline Galant sonne comme un démenti…