PATRIMOINE

La frite belge se rapproche de l’Unesco

La frite belge se rapproche de l’Unesco

Comme la Flandre, la Wallonie va soutenir le dossier permettant d’introduire une demande de reconnaissance unique auprès de l’Unesco. Jan Van de Vel

Reconnaître la frite belge comme «patrimoine culturel immatériel» auprès de l’Unesco, c’est une démarche qui rassemble les communautés.

On l’aime croquante, dorée, avec du sel... Mais souvent, peu importe car on l’aime tout court. De Virton à Ostende, la frite véhicule une identité belge comme le chocolat ou la bière.

C’est dans cette optique que la fédération des frituristes, Unafri, espère bien faire reconnaître cette petite blonde dorée comme «patrimoine culturel immatériel de l’Unesco». Puisqu’il s’agit d’un produit belge, que la culture dépend des communautés, néerlandophones, francophones et germanophones doivent défendre d’une seule voix la frite belge: l’union fait la frite!

L’année dernière, Unafri avait introduit un dossier de reconnaissance auprès de la Flandre. Maintenant, elle s’attaque au sud du pays avec la Fédération Wallonie-Bruxelles et la communauté germanophone. Et une fois les trois communautés convaincues, un dossier pourra être rentré auprès de l’Unesco. «On doit veiller à associer tous les fritophiles du pays, souligne Bernard Lefèvre, président d’Unafri. La culture frituresque nous appartient à tous. Pour faire la demande auprès de l’Unesco, il faut que tout le pays reconnaisse la frite. Et comme il n’y a pas de ministère national de la culture...»

C’est avec l’expérience d’un premier dossier rentré l’année dernière en Flandre que l’Unafri s’attaque au sud du pays. «La procédure en Flandre est extrêmement stricte. On a d’abord essayé là-bas pour commencer.» Cette demande a été accompagnée d’une pétition d’environ 20 000 signatures afin de souligner le soutien populaire à la démarche. Un appel aux signatures sera également lancé dans le sud du pays. «On fait la demande au nom de la communauté qui compte tous les habitants du pays.»

Et si l’Unesco venait à reconnaître la frite belge comme patrimoine culturel immatériel? Cela permettrait de maintenir cette tradition culinaire «car il n’y a rien de plus dangereux que quelque chose qui n’est pas considéré. Cette culture frituresque donne le sentiment d’être chez soi. C’est un métier que nous avons en nous et qui ne peut pas disparaître.»