Alain Hubert, tout blanc ?

En février 2014, Alain Hubert et la Fondation polaire ont fait l’objet de perquisitions. AFP

«Devoir d’enquête»se penche sur le financement et le fonctionnement de la station polaire Princesse Élisabeth.

La station polaire Princesse Élisabeth est un petit bijou de technologie qui fait la fierté de la Belgique. Mais depuis plusieurs mois, son fondateur, le célèbre explorateur Alain Hubert, est au centre d’une enquête menée à Bruxelles par le juge d’instruction Michel Claise.

Certains, dont le patron de la politique scientifique fédérale Philippe Mettens, parlent de «conflits d’intérêts graves», parce qu’Alain Hubert préside à la fois la Fondation polaire internationale et le conseil stratégique du secrétariat polaire, le service financier qui fournit ses moyens à la Fondation et de par sa présence au sein de trois structures.

Alain Hubert et/ou son épouse sont impliqués dans une coopérative de menuiserie, une ASBL et une SPRL, qui gravitent autour de la Fondation polaire.

Un audit réalisé par Ernst & Young montre que l’ASBL a facturé pour près de deux millions d’euros à la Fondation entre 2009 et 2012. La coopérative, qui a participé à la construction de la station polaire Princesse Élisabeth, a remis des factures pour 170 000 euros sur la même période. La SPRL, gérée par la femme de l’explorateur, a quant à elle facturé ses prestations à 100 500 euros pour la période allant d’avril 2012 à mars 2013, «soit une moyenne de 8 375 euros pour 16,5 jours de travail par mois», calcule l’émission de la RTBF. Cela revient à environ 500 euros par jour.

L’explorateur affirme qu’il doit «se débrouiller avec un budget trop faible. Exemple, j’ai facturé des frais, mais ils sont restés dans la fondation. Depuis dix ans, je passe ma vie à chercher des sous.» Les tarifs demandés par sa femme «sont tout à fait normaux comparés à ceux d’un chef d’entreprise» et les prestations facturées «doivent constituer à peu près la moitié de son travail réel».

La Une, 20.20