JUSTICE

Retour forcé au Pakistan: après la (grosse) confusion, la mobilisation

Retour forcé au Pakistan: après la (grosse) confusion, la mobilisation

Le jeune homme, filmé par des caméras de surveillance, transportait sa batte de cricket…

Une batte de cricket prise pour une arme, un étudiant pris pour un terroriste: la famille d’Assim est aux abois. On répare comment?

Retour sur une grosse boulette médiatique et judiciaire: toute une famille pakistanaise se voit contrainte de rentrer dare-dare au pays pour cause de rumeur délirante…

Le procureur fédéral va prendre contact ce lundi avec l’ambassadrice pakistanaise, Naghmana Hashmi, pour lui expliquer que le jeune homme ayant fait l’objet d’un appel à témoins et sa famille n’ont rien à se reprocher, a indiqué dimanche après-midi Éric Van der Sypt, magistrat de presse du parquet fédéral.

Viré de l’ambassade…

Le jeune homme de 22 ans, Assim Abassi, transportait en fait sa batte de cricket, qu’il avait dissimulée sous un pull pour la protéger de la pluie. Un paquet pris pour une arme dissimulée…

«L’avis de la police était neutre et correct», a-t-on souligné au cabinet du ministre de l’Intérieur Jan Jambon.

«Il fallait faire une enquête, comme nous faisons souvent sur base d’une info ou d’agissements suspects, renchérit Éric Van der Sypt. Et l’enquête a permis de montrer que ces personnes n’ont rien à se reprocher.»

Voyant sa photo dans les journaux, le jeune homme s’est rendu à la police pour expliquer qu’il transportait sa batte de cricket.

Mais l’ambassade du Pakistan, pour qui travaille le père d’Assim Abassi, lit aussi les articles, dont certains se demandent si le jeune homme n’est pas «un tueur antisémite dans la nature » (comme titrait la DH), et elle décide de licencier son travailleur. Personne à l’ambassade n’était joignable pour expliquer les faits.

Interrogé par l’agence Belga, un porte-parole du SPF Affaires étrangères a indiqué que le département prendrait contact avec l’ambassade du Pakistan lundi pour obtenir plus de détails sur l’affaire.

«Délit de faciès»

Le licenciement du père devrait avoir pour conséquence le retour de toute la famille, les parents et cinq enfants, au Pakistan endéans les six jours, affirmait un des fils samedi soir dans le journal télévisé de la RTBF.

Cette annonce a déclenché une mobilisation sur les réseaux sociaux, pour demander à l’ambassade, par mail ou par fax, de reconsidérer sa décision. La députée Écolo Zakia Khattabi a également interpellé, par une question orale, le Premier ministre Charles Michel pour lui demander s’il est «prêt à accorder, à titre de “dédommagement moral un titre de séjour à cette famille victime d’un délire collectif», fondé « sur ce qui apparaît aujourd’hui comme un délit de faciès».

Face à l’ampleur prise par l’affaire, le procureur fédéral contactera donc l’ambassadrice pakistanaise lundi pour lui expliquer les faits et lui préciser que «ces personnes n’ont rien à se reprocher».