ANTOINE GRUSON (4/8)

Lui est néerlandophone, lui est francophone: le mariage heureux d'un couple gay

Lotte en plein exercice: il ne restera plus que le montage.EdA - Antoine Gruson

Kris est francophone, Réginald est néerlandophone. Cela fait déjà onze ans depuis leur rencontre que ce couple vit paisiblement dans la capitale.

Berchem. C’est dans cette commune de Bruxelles que Kris, responsable de projets, et Réginald , infirmier, ont emménagé ensemble il y a onze ans. Pour ces deux hommes de 44 ans, la cohabitation est très vite apparue comme une évidence : "Le coup de foudre a été immédiat lors de notre rencontre dans un bar gay de la capitale. Nous nous sommes revus la semaine suivante et, depuis, nous sommes inséparables. Nous nous sommes mariés il y a déjà neuf ans", raconte Réginald.

Le plus difficile dans leur histoire fut de pouvoir se recontacter après la rencontre, les réseaux sociaux n’existaient pas encore! "J’avais perdu son numéro de téléphone après notre rencontre. Je suis donc allé à son travail et j’ai réussi à le revoir entre deux opérations". Tout a été ensuite très simple pour ce couple, même la barrière de la langue n’a jamais été un souci pour l’harmonie du couple. «Nous nous sommes toujours bien compris. Je parlais très peu français, mais je me suis amélioré au fil du temps. Je parle la langue de Molière tout le temps à la maison, sauf lorsque je suis fâché: les jurons flamands fusent automatiquement", explique Kris avec un sourire.

Aucune discrimination à l’heure actuelle

Lorsque les deux hommes ont présenté leur compagnon à leur famille respective, la réaction fut positive des deux côtés. "J’avais peur de la réaction de mon entourage, car je suis le premier homosexuel dans la famille. Mais lorsque j’ai annoncé que j’étais avec Réginald, tout le monde était heureux pour moi", confie Kris qui a attendu la rencontre avec l’homme de sa vie pour faire son "coming out".

Du côté de Réginald, il n’y avait aucune appréhension car sa famille était au courant de son homosexualité. Toutefois, dans son milieu professionnel, il a été victime d’homophobie: "À une époque, lorsque je travaillais dans un hôpital, j’ai eu un responsable qui était homophobe, j’ai dû quitter cet endroit car l’ambiance y était devenue insoutenable. Heureusement, le coupable a été licencié peu de temps après", témoigne Réginald. Pour le reste, le couple peut vivre paisiblement sans avoir à affronter de regards malveillants, sans subir de discrimination.

Bruxelles, une ville presque idéale

Ces dernières années, la société a évolué dans le bon sens. Les homosexuels sont globalement bien intégrés par la population, ce qui nétait pas toujours le cas il y a quelques décennies. «Bruxelles est une ville moderne où il fait bon vivre. Il y a de l’animation pour les couples gays et de nombreux lieux de sortie. On peut se balader comme tout le monde en toute sécurité. Nous pensons vivre ici encore pas mal d’années», conclut Réginald. Le couple compte en effet vivre à Berchem encore un moment avant de s’installer dans le sud de la France pour y vivre une retraite au bord d’une plage…

 

La question des enfants

Un couple qui s’aime souhaite bien souvent avoir des enfants. Kris et Réginald ne font pas exception. Malheureusement, ce projet a dû être abandonné pour diverses raisons. La loi belge autorise les homosexuels à adopter un enfant, mais les démarches sont très longues: “Nous avions déjà 35 ans lorsque nous nous sommes mariés. Nous nous sentions presque trop âgés pour devenir parents. Il faut en plus des mois, voire des années, pour qu’une demande puisse aboutir”, explique Kris avec un peu de regret. Le couple s’occupe donc régulièrement de son filleul Suliman, qui reçoit beaucoup d’attention!

 

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Antoine Gruson

Hallo! Ik ben Antoine. Ik kom uit Ploegsteert (vertaling: Queue de Charrue, nom d’une célèbre bière). Si tout se passe bien, je serai diplômé en communication à la HELHa de Tournai en juin prochain. Enfant, je dévorais les albums de Tintin. J’ai d’ailleurs quelques points en commun avec lui: la curiosité, la ténacité, le sens de l’observation, l’écoute attentive, etc.

Depuis toujours, j’ai des idoles: Rodrigo Beenkens et Michel Wuyts. J’ai commenté de nombreuses courses en même temps qu’eux… devant ma télé! Voilà pourquoi je me suis lancé dans ces études pouvant me permettre d’assouvir ma soif de connaissance. A 20 ans, micro et stylo à la main, il est temps que je prenne mon envol et la Belgodyssée est un tremplin idéal pour faire un saut dans le monde professionnel.

La présentation du 4e duo en vidéo. Réalisation: Géraldine Nicolay