ECONOMIE

Energie: comment gagner facilement 1.000 euros

Energie: comment gagner facilement 1.000 euros

La première force de Killmybill, c’est une interface très claire, facilement accessible.

Les sites qui permettent de comparer les tarifs énergétiques sont devenus crédibles. Et la concurrence s’étoffe avec un nouvel arrivant.

«Beaucoup de gens paient des produits qui ne leur sont pas adaptés», juge Olivier Brisac, qui vient de lancer le site internet www.killmybill.be, un comparateur de prix pour les marchés de l’énergie (gaz et électricité) mais aussi les télécoms et la finance. En tout onze produits, pour 67 fournisseurs et plus de 600 offres différentes.

Ce français, expert de l’e-commerce qui avait lancé il y a 15 ans un site similaire dédié au monde de l’assurance (Assurland), aujourd’hui leader dans l’Hexagone, dit avoir été très surpris quand il a débarqué en Belgique, pour travailler chez Bongo. «Il y a, bien souvent, une incompréhension, vu la complexité des offres en Belgique. Les prix sont élevés, les produits pas nécessairement adaptés au marché, les écarts importants entre les tarifs en matière d’énergie. On a réfléchi au problème qu’on a nous-mêmes rencontrés.»

Rémunéré au «prospect»

Avec deux associés, dont un Belge, Olivier Brisac a lancé son propre site comparateur au nom percutant: killmybill.be. «Le marché est suffisamment grand pour plusieurs acteurs», dit-il. Même si la manière de rémunérer le service en Belgique lui paraît quelque peu «archaïque». En clair, les opérateurs énergétiques, téléphoniques ou financiers préfèrent payer l’intermédiaire internet sur base des contrats qui vont être finalement conclus, et non en fonction des seuls «clics» et des «prospects» qui leur sont envoyés via le site. Et en dépit d’une présence affichée clairement sur la page du comparateur.

1 000 euros par an

«Cela traduit une timidité. Un manque de confiance. Les fournisseurs ne veulent prendre aucun risque», déplore Olivier Brisac. Qui compte bien modifier le cours des négociations, quand son site pèsera plus lourd. Il a de l’ambition pour sa création. Y compris dans d’autres pays.

Pour l’internaute, le service du comparateur est évidemment gratuit. On pourrait même dire qu’il est payant, car selon une étude menée en comparant les tarifs les plus bas aux plus élevés, pour un produit comparable, un ménage peut économiser pas moins de 1000€ par an, a calculé killmybill.be.

Mais en quoi ce site fait-il la différence? Par sa présentation d’abord, claire, facilement accessible, presque ludique. Les comparatifs détaillés. «Un axe très fort, c’est aussi notre développement sur la pédagogie», ajoute Olivier Brisac. Ce sont des dossiers qui veulent apporter des réponses aux principales questions que se pose le consommateur. «Le prix ne fait pas tout. Les gens ont besoin de comparer en connaissance de cause. On veut leur proposer des offres adaptées à leurs besoins. On fait du sur-mesure.»

Des comparaisons identiques

Il y a un peu plus d’un an, la CREG élaborait une charte des «bonnes pratiques» destinée aux comparateurs. Il s’agissait «d’offrir au consommateur un service basé sur des critères identiques», argumente le régulateur fédéral des marchés de l’électricité et du gaz.

Et par là garantir une certaine véracité, et une homogénéité des chiffres proposés sur les différents sites internet. On était loin du compte à l’époque! Les classements basés sur le coût se contredisaient. Impossible de vraiment s’y retrouver dans la multitude des tarifs.

Ce n’est plus le cas à présent. Sur les différents sites examinés, classement et tarifs concordent à quelques centimes près. Six comparateurs ont adhéré à la charte: les trois institutionnels (Cwape pour la Wallonie, Brusim pour Bruxelles et VREG en Flandre) et trois privés: Test-achats, monenergie.be et mesfournisseurs.be, qui offre une palette couvrant non seulement l’énergie mais aussi la téléphonie, internet et des produits financiers. À l’instar de killmybill.be.

Ce dernier n’adhère pas encore à la charte de la CREG. Par manque de temps avant le lancement du site, explique Olivier Brisac. Et parce que certaines exigences sur le design du site le chipotent. «On n’a pas encore signé la charte mais on le fera. C’est devenu un label. Et on en respecte déjà tous les prescrits.»