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Uber «casse le marché hors de tout contrôle»: 6 PV et 4 voitures saisies

Uber «casse le marché hors de tout contrôle»: 6 PV et 4 voitures saisies

Le service de «ride-sharing» Uber reste illégal à Bruxelles où il est vu comme concurrence déloyale au taxi. (Illustration Reporters Thierry du Bois) Reporters (illustration)

On le sait: Uber est considéré comme illégal à Bruxelles. En octobre, 6PV ont donc été dressés et 4 voitures saisies

La réglementation actuelle est très claire: le «ride-sharing» tel que pratiqué par la multinationale Uber est illégal. Six P-V ont été dressés et quatre véhicules ont été saisis en octobre, a affirmé lundi le ministre bruxellois du Transport, Pascal Smet (sp.a), en commission de l’infrastructure du parlement régional.

Le ministre était interpellé notamment par les députés Jamal Ikhazban (PS), Pierre Kompany (cdH) et Céline Delforge (Écolo) qui n’ont laissé planer aucune ambiguïté sur leur lecture du service proposé par Uber: «il n’y a pas un autre service où n’importe qui peut faire n’importe quoi», a dit Ikazban.

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Uber «casse le marché dans un premier temps pour s’octroyer ensuite un monopole, mais hors contrôle», a lancé Delforge.

«Il est temps d’agir et de ne pas laisser Uber détruire ce que les gens ont construit pendant des années», a renchéri Kompany.

«Pas du car-sharing»

Pour Pascal Smet, Uber ne pratique en fait pas du car-sharing (co-voiturage) mais du ride-sharing. La nuance se situe dans le fait que le véhicule se met en route pour embarquer des passagers. «Mais l’actuelle réglementation à Bruxelles est claire: le ride sharing d’Uber n’est pas légal», a-t-il souligné.

Pour le ministre, le problème est qu’Uber adopte une stratégie de conflit en disant «la loi ne me satisfait pas, et je fais ce que je veux».

Refusant d’entrer dans cette stratégie, et comme il l’avait annoncé, M. Smet a rencontré des responsables d’Uber. Il a dit leur avoir expliqué que les contrôles, repris à Bruxelles, à son initiative, après avoir été suspendus par le gouvernement sortant constituaient en quelque sorte une réponse à une «provocation».

Les contrôles sont à présent basés sur des constats d’huissiers.

Smet a enfin répété que la colonne vertébrale du transport rémunéré des personnes en voiture devait être le taxi, complément incontournable des transports en commun, dont il entend moderniser la réglementation notamment pour assurer la sécurité de ce mode de transport, protéger les chauffeurs contre toute forme d’exploitation, et lutter contre les formes de concurrence déloyale.