Toujours à l’affût pour casser les règles

Pour Michel d’Oultremont, l’émotion est primordiale, c’est elle qui guide ses photographies.

Il est jeune et s’est fait un nom dans le monde de la photo animalière. Michel d’Oultremont évoque son parcours rapide et ses rêves éveillés.

Il habite Glabais, dans un coin vert de Brabant wallon. Pour l’heure, Michel d’Oultremont poursuit sa 3e année de photographie à l’Inraci (Bruxelles). Cela ne l’a pas empêché d’aller chercher cet automne deux prix internationaux et prestigieux de photographie animale. Il rapporte du Wildlife Photographer of the Year (Londres) le «Rising Star Award 2014»; et de Berlin, le Fritz Polking Award Jr. Il est à ce jour le seul photographe au monde à avoir cumulé ces deux prix.

« Les Anglais de la BBC ont primé une série d’images; j’en ai envoyé dix, six ont été sélectionnées. Ce prix va me permettre de vivre de la photo animalière l’an prochain», exprime avec enthousiasme le chasseur d’images. «Tu gagnes un voyage et l’occasion de produire un reportage pour BBC Wildlife.» Soulignons que 50 000 photos ont été envoyés, issues de 58 pays. Sa série sur le grèbe à cou noir a fait mouche… parmi la centaine de photos retenues pour l’exposition finale; cette dernière, après Londres, tournera dans les grandes capitales du monde.

Du plaisir dans nos régions

Ses parents ne sont ni chasseurs, ni spécialement portés sur la nature. Mais Michel s’est très tôt passionné pour l’ornithologie avec un jeune voisin. Puis il s’est offert un reflex numérique pour enchaîner les clichés. «On peut prendre du plaisir dans nos régions à photographier la vie sauvage, mais plus au nord de l’Europe, vu qu’il y a moins de pression de chasse, l’approche est plus facile.»

Les prochains clichés, il les destine au renard polaire, tout en haut en Norvège. Là où il est déjà parti débusquer les bœufs musqués par – 40 °C. Aussi discrète mais vivant sous nos latitudes, la panure à moustaches, un oiseau vivant dans les roselières et quelque peu semblable à la mésange à longue queue, est le sujet de sa dernière exposition qui voyagera du récent Festival du film Nature de Namur vers le Lac du Der (Haute-Marne).

« Vivre de la photo nature n’est pas facile. Mais c’est un monde drôlement plus convivial que celui de la mode ou de la pub», poursuit le jeune homme qui refuse de recadrer ou retoucher ses photos.

«J’aime jouer avec les lumières automnales et hivernales. Dans mes images, l’animal prend juste une place dans son environnement naturel. Je ne cherche pas la proximité, c’est ainsi que je me démarque des autres photographes», ajoute encore le photographe qui arrive aussi à dégager de la poésie en tirant le portrait d’une limace baveuse. Mais c’est sur l’eau qu’il affectionne le plus l’approche, quand la lumière joue avec les flots, qu’ils soient tranquilles ou non.

«À l’affût,» Weyrich , 29€. Michel d’Oultremont – Paul Hermant. www.micheldoultremont.com – www.weyrich-edition.be