BELGIQUE

Perquisitions chez Jean-Charles Luperto: il est inquiété pour des faits de mœurs

Jean-Charles Luperto est inquiété par la justice pour, selon nos informations, des faits de mœurs. Des perquisitions l’ont ciblé hier.

C’est un séisme. Jean-Charles Luperto (PS), président du Parlement de la Fédération Wallonie Bruxelles, député wallon et bourgmestre de Sambreville, a été hier la cible de perquisitions menées simultanément à son domicile de Moignelée (Sambreville) et dans ses bureaux parlementaires. En eux-mêmes, ces devoirs d’enquête indiquent à l’évidence qu’une instruction judiciaire est ouverte à son encontre.

À Spy, au printemps dernier

Pour quels faits? Le procureur du Roi Vincent Macq ne s’est exprimé devant la presse qu’hier en fin de soirée. Mais d’après nos informations, les faits reprochés à l’homme ne sont pas liés à ses activités politiques. Il s’agirait (le conditionnel est d’usage) de faits d’exhibitionnisme dont Jean-Charles Luperto se serait rendu coupable dans les toilettes de l’aire autoroutière de Spy (à quelques kilomètres de son domicile), au printemps dernier. Il aurait été vu à plusieurs reprises par des clients, dont des mineurs d’âge. Les témoins auraient relaté les faits au personnel de la station-service, qui aurait prévenu les autorités judiciaires. Quatre plaintes auraient déjà été déposées.

Des pièces en possession de la justice prouveraient ces témoignages, et le fait que Monsieur Luperto était bien présent aux moments dits sur les lieux.

Toujours d’après nos informations, Jean-Charles Luperto aurait fait dans le passé l’objet de plusieurs plaintes pour des faits similaires, qui auraient déjà attiré l’attention de la justice, mais sans suite.

Le procureur Vincent Macq, qui indiquait au passage qu’il ouvrait un dossier pour violation du secret professionnel, a seulement confirmé que l’enquête ne visait pas l’activité politique du député-bourgmestre, mais bien des comportements de sa vie privée. Il a précisé qu’à la suite d’une première plainte, en avril dernier, trois autres plaintes avaient été recueillies, pour des faits similaires.

André Antoine sur les lieux

Hier, la justice a donc décidé de passer à la vitesse supérieure. A 16h56, plusieurs membres de la Police Judiciaire Fédérale (PJF) de Namur pénétraient dans l’habitation de Moignelée. Sur place intervenaient des experts de la Computer Crime Unit, (CCU), dont le travail est de fouiller les PCs pour en vérifier les contenus, mais aussi de scanner les sites internet consultés par l’intéressé.

Le Procureur du Roi de Namur était présent, ainsi que le juge d’instruction Philippe Olivier. En application à la législation sur l’immunité parlementaire, le président du Parlement wallon André Antoine était également sur les lieux, au domicile de Moignelée, tandis que la vice-présidente du parlement Wallonie-Bruxelles, Valérie De Bue, assistait à la perquisitions dans les bureaux de M. Luperto.

Précisons qu’à ce stade, la présomption d’innocence est toujours d’usage.

Jean-Charles Luperto n’était pas présent en son domicile au moment du déclenchement de l’opération: le parlementaire, revenu depuis peu de mission en Espagne, se trouvait dans son bureau. C’est un membre de sa famille qui a eu la pénible mission d’ouvrir les portes aux enquêteurs, qui l’ont attendu jusqu’à son retour.

Actuellement, pas d'inculpation


Au cours de la conférence de presse qu'il a tenue hier soir, à 23h, au palais de justice de Namur, le procureur du Roi de Namur Vincent Macq a annoncé qu'à ce stade, Jean-Charles Luperto ne faisait l'objet d'aucune inculpation ni contrainte.

Il devra simplement se rendre à la convocation du juge d'instruction, ce lundi.

M. Macq a ajouté qu'il préciserait, ce lundi, la qualification retenue par le Parquet pour les faits reprochés à M. Luperto.

 


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