Havinnes: les chèvres n'aiment pas les chiens qui ont du mordant

Un centre d’entraînement au mordant pour chiens de sécurité n’est pas le bienvenu à? Havinnes (Tournai), à deux pas de la chèvrerie de la Croix de la Grise, reconnue comme ferme pédagogique.

« Quand ce centre  d'entraînement pour chiens s’est installé à côté de chez nous à la mi-octobre, on croyait que ce serait provisoire, explique Francis Delobel, exploitant avec sa famille la chèvrerie de la Croix de la Grise sur les hauteurs d’Havinnes, un village de l'entité de Tournai. Mais on a vite compris que ce ne serait pas le cas. Outre les problèmes de sécurité que pose l’absence de clôtures sérieuses  autour d’un terrain où évoluent des chiens dressés pour sauter un mur de deux mètres de hauteur, il y a les nuisances sonores qui  compromettent la quiétude de nos chèvres et mettent même en péril leur fertilité en période de reproduction... »

Ce dernier argument est par ailleurs repris dans un rapport dressé par un vétérinaire en date du 23 octobre dernier et sur lequel on peut notamment lire : « les nuisances sonores (invectives violentes, incitations à l’attaque, aboiements agressifs...) génèrent un stress qui met à mal le bien-être et la bonne conduite du troupeau : production laitière, gestation et naissances). Celui-ci étant la principale source de revenu de cette famille. »

Dans le même temps des pétitions soutenant les Delobel dans leur combat, signées par des habitants du village mais aussi par des groupes de promeneurs, ont été adressées à l’autorité communale. Dans l’état actuel de la législation, cette dernière dispose toutefois de  moyens limités pour intervenir. L’installation d’un centre de dressage pour chiens, dans le cas d’espèce plus spécifiquement entraînés au « mordant » dans le but d’assurer la sécurité des personnes,  n’est, semble-t-il, pas véritablement réglementée.Le bourgmestre ff de Tournai, Paul-Olivier Delannois, a toutefois pris le parti d’interdire l’exploitation du centre havinnois « tant que les travaux de sécurisation des lieux, conformes en matière urbanistique, n’auront pas été effectués et validés par la police ». Des travaux qui, ici,devraient voir se dresser autour du site une clôture d’au moins deux mètres de hauteur. Une demande de mise en conformité envers les règles urbanistiques en cours est également exigée pour la caravane implantée sur le terrain. Pour le reste, le service juridique de la Ville se penche sur l’éventualité d’établir un avenant à la réglementation existante afin d’encadrer davantage l’établissement de tels centres sur le territoire de la commune.

Question d'opportunité

Du côté des « Malous gardiens », la jeune ASBL gérant ce centre et créée à la mi-octobre, le trésorier, David Fontenier, nous précise que l’urbanisme a été contacté avant l’implantation du terrain d’entraînement de la rue du Bois de l’Allemont. « Il nous a été répondu qu’aucune réglementation particulière ne régit ce type d’implantation, alors que voulez-vous que nous fassions de plus ? », a-t-il précisé. « Si nous nous sommes installés à cet endroit, c’est parce que nous avons l’opportunité d’occuper le terrain pour presque rien, ce qui n’est pas négligeable pour une jeune ASBL qui débute. D’autant que nous avons dû acheter pour près de 3000 € de matériel. »

Dans le cas d’espèce, la question la plus pressante n’est pas de savoir s’il est opportun ou non de développer, à Tournai,  un tel centre - qui semble répondre à une certaine demande, notamment de la part d’employés de sociétés de gardiennage - mais si l’endroit est, ici,  bien choisi pour une telle implantation...