LIÈGE

850000€ pour Saint-Martin, fameuse basilique liégeoise

850000€ pour Saint-Martin, fameuse basilique liégeoise

La Basilique Saint-Martin, bien connue des Liégeois, qui se dresse sur la colline du Publémont. BELGA

La restauration de la prestigieuse collégiale liégeoise se poursuit. 8 millions d’euros ont déjà été débloqués. Le gouvernement wallon en lâche encore 850 000, pour un édifice important dans l’histoire de la cité.

C’est au début des années 90 et sous l’impulsion de la fabrique d’église qu’a débuté le vaste projet de rénovation de la Basilique Saint-Martin, qui surplombe le boulevard de la Sauvenière et est visible depuis de nombreux endroits de la ville.

Six phases de travaux ont déjà abouti et concernent principalement l’extérieur du bâtiment. La septième est encore à l’étude et se penche sur les décors intérieurs du chœur. Cela représente 8 millions d’euros de subsides en provenance de la Région wallonne.

Le nouveau ministre wallon en charge du Patrimoine, Maxime Prévot (cdH), vient d’indiquer que 850 000 euros (soit 95% du montant des travaux) allaient être débloqués pour la huitième phase, qui «consiste en la restauration des remplages en tuffeau (structures de fenêtre) ainsi que la création et la mise en place de vitraux contemporains dans les baies de la basse nef sud» comme le fait savoir le cabinet du ministre par voie de communiqué».

Les vitraux en question «ont été dessinés sur base du modèle de ceux placés dans les hautes et basses nefs nord. L’installation d’un système de protection de ces vitraux devrait permettre d’éviter les dégradations. Il est aussi prévu de placer des vitraux à panneaux losangés dans les baies de la chapelle Sainte-Agathe».

Cinq phases se succéderont encore pour parachever la rénovation. «Elles consisteront notamment à rénover les vitraux des verrières nord et sud du transept et à restaurer la nef.»

Qu’a la Basilique Saint-Martin de particulier ?

Tous les Liégeois connaissent cet édifice qui domine le Mont Saint-Martin et que l’on aperçoit depuis de nombreux endroits de la Cité ardente. La collégiale Saint-Martin a vu le jour au XXe siècle (vers 963) sous l’impulsion d’Eracle, dernier évêque avant l’arrivée du prince-évêque Notger.

Elle est célèbre parmi les catholiques parce que c’est en son sein qu’a eu lieu, en 1246, la toute première Fête-Dieu (ou Fête du Saint-Sacrement). En 1264 et sur décision papale, ce rendez-vous religieux a été «universalisé» sur décision du pape. Le diocèse de Liège a d’ailleurs célébré les 750 ans de cet événement en juin dernier. C’et aussi grâce à l’origine liégeoise de la Fête-Dieu que Saint-Martin a été élevée au rang de basilique en 1886, à nouveau sur une décision du pape.

Mais c’est pour un événement bien moins réjouissant que Saint-Martin est également connue. En 1312, la basilique a été le théâtre du «Mal Saint-Martin», ou «Måle Saint-Martin» en bon liégeois.

Durant la nuit du 3 au 4 août, dans le contexte d’une guerre entre classes de la société, de nombreux patriciens y ont trouvé refuge, avant que des plébéens y boutent le feu, semant la mort et provoquant la destruction du bâtiment.

Le bâtiment a fait l’objet de reconstructions et destructions diverses, mais c’est au XVIe siècle qu’elle a été reconstruite véritablement, avec la construction du choeur actuel de 1511 à 1530 et de la nef durant la seconde moitié dui siècle.