faux billet

Si vous avez un nom islandais, pourrez-vous assister au match Belgique - Islande ?

Si vous avez un nom islandais, pourrez-vous assister au match Belgique - Islande ?

Image des tribunes de Lokeren - Trabzonspor, jeudi soir. Tiens, on dirait que quelques supporters turcs ont quand même pu entrer. BELGA

Je ne sais pas vous mais je trouve qu’on a peu parlé de la décision de la police de Lokeren d’interdire la vente de tickets à tous les supporters portant un nom à consonnance turque (mêmes s’ils étaient belges et supporters du club local). C'était à l'occasion du match qui opposait jeudi soir le club local et celui de Trabzonspor en coupe d'Europe.

Il n’y a quasi eu aucune réaction, ni des politiques, ni du monde footballistique. Mis à part l'indignation des supporters turcs du coin qui ont parlé de mesure raciste, et le Centre pour l'égalité des chances qui marmonné que c'était pas sympa.

Le ministre de l'Intérieur (N-VA), lui, a approuvé la mesure, estimant que cela rentrait dans le cadre de la "Loi football". Et  c'est à  peu près tout.

Il est vrai qu’entre les petits arrangements fiscaux du Lux Leaks, la manifestation nationale, les feuilles mortes qui font dérailler les trains et Nabilla qui aurait poignardé son fiancé,  il y a tellement de « scandales du siècle » par jour qu’on ne sait plus où donner de la tête.

Motif donc de la police de Lokeren : "éviter les bagarres entre supporters".  

Certes, les supporters turcs sont réputés "chauds" (et ceux qui avaient pu entrer on d'ailleurs allumé des feux de bengale, provoquant l'interruption du match). Mais c'est le cas des supporters de centaines de clubs en Europe. Et en Belgique, il y a presque chaque semaine des matches de championnat étiquetés "à haut risque".

Il paraît pourtant que pour le prochain match contre le Légia Varsovie (le 27 novembre prochain), ils feront la même chose à Lokeren : il refuseront tous les gens avec un nom à consonnance polonaise.

Les noms polonais, c’est genre Charlesmichelowski, Bartdeweverkow, Janjambonowski ou Diruponiek. De fait, on ne peut pas les louper.

Par exemple, feu le Pape Jean-Paul 2, qui s'appelait Karol Wojtila, il serait venu incognito voir ce match, il aurait pas pu entrer : "Désolé, mijnheer, les Polonais ne sont pas les bienvenus au stade".

Paradoxe, les anciennes stars du club de Lokeren, Wlodek Lubanski ou le légendaire Gregorz Lato, s'ils viennent au stade en visite de courtoisie, ils resteront coincés aux guichets.

Je me demande si ce genre de mesure va s’étendre à d’autres matches internationaux.

Par exemple, je me demande si pour le match Belgique-Islande (12 novembre), le ministère de l'Intérieur va recommander d'interdire l’accès à tous les gens qui ont un nom évoquant vaguement l’Islande, pour éviter "les bagarres de supporters".

Par exemple, Charlesmichelsson, Bartdeweversson, Janjambonsson ou Diruposson, voilà des noms qui sonnent (c’est le cas de le dire) islandais… « Désolé, messieurs, mais avec un nom pareil, vous ne pouvez  pas entrer ».

Si ça tombe, dans la suite logique du délire de phobies qui touche actuellement notre pays, pour le match suivant Belgique - Pays de Galles, quatre jours plus tard, la nouvelle ministre de la santé Maggie De Block va lire un peu vite « pays de gale ».

Et interdire l’entrée aux supporters gallois « à  cause du risque d’épidémie » (déjà qu'on est sur les dents avec Ebola).

Tous les gens dénommé O’Charlesmitchell, O’Bardeewer, O’Jambon ou O’Direwpo vont se retrouver bloqués à l’entrée du pays. Peut-être même qu'on les mettra en quarantaine.

Bref, dans ces conditions, allons au bout des choses : n'organisons plus jamais un match contre des équipes "étrangères" en Belgique.

Adieu les coupes d'Europe. Adieu le futur Stade national destiné à accueillir l'Euro 2020. Trop de "risques de bagarre".

En fait, n'organisons plus jamais un match de football, à moins que les deux équipes en présence n'appartiennent au même club ou au même village. Et encore, rien n'assure qu'à un moment donné, ça ne va pas dégénérer !