ÉNERGIE -

Marie-Christine Marghem doute de la capacité de se passer du nucléaire

Marie-Christine Marghem doute de la capacité de se passer du nucléaire

«Notre énergie doit être payable et l’approvisionnement garanti. C’est le plus important», précise Marie-Christine Marghem. EdA

La nouvelle ministre de l’Énergie Marie-Christine Marghem (MR) a exprimé des doutes quant à la capacité de la Belgique à se passer du nucléaire à l’horizon 2025.

«Celui qui prétend aujourd’hui que notre pays peut se passer de l’énergie nucléaire à moyen ou même à long terme, ment. Ou n’est pas réaliste», affirme-t-elle dans un entretien accordé au quotidien flamand Het Laatste Nieuws et publié vendredi.

«Notre énergie doit être payable et l’approvisionnement garanti. C’est le plus important», précise Marie-Christine Marghem. Elle indique toutefois estimer que la part du nucléaire dans la consommation nationale peut être diminuée dans les prochaines années. «Mais donnez-nous quelques années pour déterminer à quoi devra ressembler le mix énergétique de la Belgique à long terme.»

L’Open Vld balaye les doutes de Marghem

Le député Willem-Frederik Schiltz, spécialiste énergie de l’Open Vld, a insisté vendredi sur le respect de l’accord de gouvernement qui appelle à la sortie du nucléaire après des déclarations de la ministre de l’Énergie Marie-Christine Marghem semblant mettre en doute la faisabilité d’une telle politique.

«L’accord de gouvernement prévoit très clairement la réalisation de la sortie du nucléaire», a réagi Willem-Frederik Schiltz. «Il ne s’agit pas de ‘croire’, cela a été très précisément discuté lors des négociations gouvernementales et le point de vue (adopté) est très clair», a-t-il insisté. L’Open Vld souligne que ce n’est pas par hasard si ce point figure dans l’accord de gouvernement.

Le CD&V est plus nuancé. «L’accord de gouvernement flamand et fédéral prévoit l’adoption d’un pacte énergétique, avec les acteurs, en vue de l’approvisionnement à long terme», a indiqué Robrecht Bothuyne, spécialiste énergie du CD&V. «Il n’est pas sain de dire dès aujourd’hui quelles sources d’énergie seront nécessaires. Ce pacte énergétique ne sera scellé qu’à la fin 2015», a-t-il dit.

La ministre de l’Énergie a indiqué que «celui qui prétend aujourd’hui que notre pays peut se passer de l’énergie nucléaire à moyen ou même à long terme, ment ou n’est pas réaliste».

Plus nuancée, elle précise dans un entretien à La Libre qu’elle ne s’est pas fait une religion. «Que ce soit sur le nucléaire ou toute autre forme d’énergie». Mme Marghem fait notamment valoir «qu’on développe des centrales de quatrième génération encore plus performantes et moins nocives en termes de déchets à traiter et peut-être moins dangereuses en termes de mise en œuvre».

Dans son accord, le gouvernement «s’engage à garantir la sécurité d’approvisionnement, l’abordabilité (sic) et la durabilité de l’énergie à court et long terme afin qu’il puisse assurer la sortie nucléaire de la ‘génération actuelle’de réacteurs en 2025».