PRISON

La grève dans les prisons suivie de manière « exceptionnelle » par les gardiens

La grève dans les prisons suivie de manière « exceptionnelle » par les gardiens

Les gardiens désireux de travailler n’en sont toutefois pas empêchés. EdA

La grève des agents pénitentiaires, qui a débuté jeudi soir à 22h et doit se poursuivre jusque samedi 6h, est suivie de manière «exceptionnelle» dans les prisons du pays, indique Serge De Prez, du syndicat CSC.

«Dans certaines prisons, 100% des gardiens ont débrayé», précise-t-il, évoquant déjà une «réussite à la hauteur des mesures prises par le gouvernement à l’encontre du personnel des prisons». Des piquets de grève ont été instaurés dans toutes les prisons du pays. Le VSOA-EPI (SLFP Établissements pénitentiaires) chiffre le suivi du mot d’ordre de grève à «environ 9 gardiens sur 10 parmi les équipes du matin», selon les mots de Frank Serlet, secrétaire permanent.

Selon Frank Serlet, les gardiens désireux de travailler n’en sont toutefois pas empêchés. Toujours selon le syndicat libéral, la Protection civile se charge de la distribution des repas aux détenus, en l’absence des agents pénitentiaires. La police prend quant à elle la surveillance en charge, le service étant toutefois réduit et rendant impossible toute sortie des détenus ou visite durant la grève.

Aucun mot d’ordre n’a été donné dans la police quant à la grève des gardiens, selon Vincent Gilles, président du SLFP-Police. Toutefois, bon nombre de chefs de corps ont spontanément décidé de ne réquisitionner qu’un nombre réduit de policiers pour assurer la surveillance des prisons, indique-t-il. Les agents chargés de cette tâche ont pris place vendredi dès 6h du matin.

«Bon nombre de chefs de corps ont enfin compris que les policiers n’ont rien à faire dans les prisons. Ils sont donc moins nombreux que durant les grèves précédentes, les chefs de corps ayant indiqué qu’ils n’avaient pas la capacité suffisante pour reprendre les tâches des agents pénitentiaires», précise Vincent Gilles. Il indique se réjouir d’un «investissement policier dans les prisons raisonnable, limité, voire pas du tout» existant.

«Un gardien sur trois au travail»

Un gardien de prison sur trois travaille ce vendredi, selon Laurent Sempot, porte-parole de l’administration pénitentiaire. D’après les syndicats pourtant, 9 gardiens sur 10 prennent part à la grève nationale de 24 heures.

«Cela diffère évidemment de prison à prison. Dans certaines d’entre elles il n’y a qu’un gardien sur 10 au travail, dans d’autres ils sont 8 sur 10 à leur poste, mais en moyenne, nous pouvons dire qu’environ 30 à 35 pc des gardiens travaillent ce vendredi», explique M.Sempot.