Pietro, Alain ou Dominique travaillent dans le secteur carrier.

Dans le car qui les emmène à Bruxelles, la bonne humeur est inscrite sur la feuille de route. Mais les jeunes les turlupinent: «Quand on parle de fin de carrière, les jeunes ne sont guère sensibles. Ils ne voient pas à si long terme. Même quand on leur explique qu’un collègue qui comptait partir en prépension après 40 ans de travail va devoir prolonger de 2 ans ou 3 ans.»

C’est le cas de Dominique. Le gaillard est là, il est venu manifester parce qu’il ne sait pas à quelle sauce il va être mangé. Ni de combien d’années, il va devoir prolonger son bail. «Pour les jeunes, 2 ou 3 ans ce n’est rien. Pour moi, oui.» L’homme d’ajouter qu’en plus, il ne connaît pas encore les conditions financières. «On veut vraiment nous faire acheter un chat dans un sac.» Une petite Audi rattrape le car sur l’autoroute et allume ses feux de détresse: «C’est le “ Mexicain ”, il a oublié de se lever.» Il avoue avoir roulé très vite pour les rattraper. Le fera-t-il encore à 67 ans?