Manifestation nationale : la foule, la fête et le rififi

Manifestation nationale : la foule, la fête et le rififi

EdA

Pour la police, ils étaient 100 000. Pour les manifestants, ils étaient entre 120 000 et 200 000. Un vrai succès de foule, souvent bon enfant. Mais les dockers étaient là…

Un immense ruban humain tendu dans le centre de Bruxelles. Rouge, vert, bleu. De la gare du Nord à celle du Midi. La manifestation nationale a drainé la foule: entre 100 000 et 200 000 personnes, selon la source. Un cortège compact, discipliné, joyeusement bon enfant. Sauf à la fin du parcours où des affrontements violents ont éclaté.

C’est là, aux abords de la gare du Midi que les choses ont dégénéré. Il est 13h30, quelques dizaines de dockers du port d’Anvers sont piqués au vif par un cordon de policiers qui délimitent les frontières à ne pas dépasser. C’est le chiffon rouge que l’on agite devant le taureau.

Un combat pour le combat

Des barrières Nadar sont vite désarticulées. De quoi en faire les outils pour dépaver. Histoire de ne pas partir les mains vides. C’est la pluie de part et d’autre. Solide du côté des dockers, liquide et gazeuse, côté police.

Des voitures garées dans ces rues étroites en font les frais. Une moto de policier aussi. Les belliqueux l’approchent comme une bête dangereuse mais peu à peu y plantent leurs banderilles. Le terrain des hostilités se déplace, vers l’avenue de la Porte de Hal. Une sorte de jeu violent, où on s’affronte en face à face, où les lignes avancent et puis reculent. Voiture en feu, bulles à verre démantibulées. Avec les minutes qui passent se développe un tourisme des hostilités. Où travailleurs pacifiques et badauds curieux viennent jeter un œil, parfois prêter main-forte. Ils sont plusieurs centaines. Un combat pour le combat.

Bien loin de celui mené par les dizaines de milliers d’autres. Descendus en rue pour se faire entendre, pour démontrer que la mobilisation est bien présente et qu’ils n’ont pas envie de se laisser manger tout cru. «Pour combattre l’injustice sociale.»