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Un an après le typhon aux Philippines

Un an après le typhon aux Philippines

Charlotte Baut a été marquée par le sourire des Philippins, même quand ils racontent la catastrophe. RTL TVI

Ce soir, Charlotte Baut revient aux Philippines, un an après le désastre causé par le typhon Haiyan. La reconstruction est lente.

Un an après que le typhon Haiyan ait frappé durement les Philippines – avec un bilan de plus de 6 000 morts, 2 800 blessés, 1 700 disparus et 4 millions de personnes qui ont perdu leur logement – Charlotte Baut a décidé de se rendre dans cet archipel d’Asie du sud-est pour voir sur le terrain comment la reconstruction se passait.

Charlotte Baut, des catastrophes, il y en a quelques-unes par an. Pourquoi avoir choisi de faire un focus un an après sur celle-là en particulier?

Parce qu’il y a eu un appel assez important aux dons chez nous. Toutes associations confondues, je suis arrivée à un total de 15 millions d’euros de dons. J’ai donc voulu savoir si tout cela avait servi à quelque chose.

Quel a été votre constat sur place?

Que cela prend beaucoup plus de temps que ce que l’on croit. J’aurais bien aimé arriver et voir que tout était terminé. Mais non.

Vous qui êtes allée à Haïti, vous pouvez comparer…

Oui. On en a d’ailleurs parlé avec des volontaires sur place, mais Haïti, cela n’a vraiment rien à voir. C’était vraiment un désastre par rapport aux Philippines.

Vous êtes partie avec Florence Mairy, une volontaire de la Croix-Rouge, qui revenait sur les lieux pour la première fois…

C’est ce qui m’intéressait, parce qu’en fait, tous ces volontaires qui partent en urgence ne savent pas ce que sont devenus les gens qu’ils ont sauvés, sauf via les réseaux sociaux. J’ai voulu comprendre ce que cela faisait pour une personne qui n’était jamais revenue. Elle a été étonnée, elle aussi, du temps que cela prenait.

Qu’est-ce qui vous a le plus marquée aux Philippines?

C’est leur sourire! Je n’avais jamais vu ça ailleurs. Même quand ils racontent ce qui s’est passé… N’importe où ailleurs dans le monde, quand des gens vous racontent une catastrophe, c’est les larmes aux yeux. Ici, leur sourire, c’est d’être en vie. Et au début, c’est bouleversant.

À force de revenir sur le lieu de grandes catastrophes (Thaïlande, Italie, Haïti…), on ne se «blinde» pas?

Non! Je pense sincèrement que le jour où je me «blinde», je ne le ferai plus. Je ne suis pas quelqu’un d’hypersensible et j’arrive à garder du recul. Mais je pense chaque fois arriver avec un regard neuf.

Et vous n’avez jamais envie de partir dans l’urgence, au moment de la catastrophe, plutôt qu’un an après?

J’aimerais bien, mais pour ça, il faudrait que je travaille pour les «news». Quand Jean-Pierre Martin ou Christophe Giltay ne voudront pas y aller… (rires). Mais c’est vrai que j’y ai pensé quand Florence m’a montré ses photos. Je me suis dit que cela devait être quelque chose de le vivre dans l’urgence. Je ne l’ai jamais vécu.

RTL TVI, 19.45