Dialogue social : un premier murmure

Dialogue social : un premier murmure

BELGA

La réponse de Charles Michel?Une feuille de route. La promesse de marges à négocier. Et Kris Peeters en éclaireur. Le chuchotis d’un dialogue.

Une feuille de route pour discuter, un ministre éclaireur-médiateur et la promesse de marges de négociations. Hier soir, les syndicats ont quitté le 16, rue de la Loi avec ça dans les mains. À la fois peu et beaucoup. Un début d’éventuel retour du dialogue social semble à nouveau possible.

La CSC et la CGSLB se sont montrées relativement enthousiastes. «Nous espérons que cela débouchera sur de la confiance », a dit la secrétaire générale de la CSC, Marie-Hélène Ska. Du côté de la FGTB, l’accueil est plus glacial.

Le débarquement de Kris Peeters en médiateur du gouvernement entre patrons et syndicats a fait grogner Marc Goblet, secrétaire général de la FGTB. Ce dernier aurait préféré une concertation habituelle qui confronte d’abord patrons et syndicats sans le politique. La FGTB fait aussi de la levée du saut d’index une condition dure.

Or si le gouvernement a avancé qu’il pourrait peut-être se montrer plus souple sur une série de mesures, dont les pensions, pour le saut d’index, c’est «niet ». Il sera maintenu.

La marge de négociation est cependant «immense » aux yeux de Charles Michel qui a ajouté hier soir, sur RTL-Tvi, qu’il pensait «aussi à tous ceux qui n’ont pas manifesté et qui ont la conviction qu’on a besoin de stabilité, et de donner au gouvernement la chance de démarrer des réformes dans le plein respect de la concertation sociale ».

La grève générale du 15 décembre est maintenue

Un peu plus tôt, et alors que la manifestation commençait à dégénérer, les élus du peuple de gauche s’étaient succédé à la tribune du Parlement. Ils se sont tous poussés du coude. Raoul Heddebouw (PTB ) a salué « une des plus grandes manifestations de ces vingt dernières années ». Et il a asséné un «allez-vous faire marche arrière? » au Premier ministre. Frédéric Daerden (PS) a haussé le ton: «Dites-leur que vous allez revenir sur le saut d’index. Ce n’est pas trop tard. C’est le moment.»

«J’entends la colère de la rue, les doutes », avait alors assuré Charles Michel qui voulait faire «œuvre de pédagogie pour expliquer les réformes. » Il avait enchaîné en affirmant que « le gouvernement entier a les bras ouverts et la main tendue aux partenaires sociaux. »

Hier soir, à la suite des violences, la main restait tendue mais les bras du Premier ministre étaient un peu crispés. «La manifestation relève d’un droit démocratique et légitime», a dit Charles Michel, «mais les violences perpétrées par certains manifestants ne sont en aucun cas acceptables. La Justice devra faire son travail », a-t-il affirmé, rejetant toute idée d’impunité.

Et maintenant? Le vice-Premier CD&V Peeters a beaucoup insisté sur les marges de négociations encore possibles. Le vice-Premier N-VA Jambon a mis la lumière sur le cadre de l’accord qu’il faut absolument respecter. Alors, en attendant les approches de velours de Kris Peeters, et quoi qu’il en soit, le front commun syndical reste serré. Les actions tournantes et variées et le jour de grève générale du 15 décembre sont maintenues.