Les Leuzois du Burkina vont bien, malgré les coups de feu

Les Leuzois restés au pays semblent plus inquiets que ceux qui se retrouvent aujourd’hui «coincés» dans la révolution burkinabé.

Nul n’ignore désormais que, depuis jeudi dernier, le Burkina Faso est en proie à la plus grave crise politique qu’ait traversé ce pays d’Afrique de l’Ouest depuis 27 ans.

Des manifestations et des heurts ont éclaté, principalement autour des institutions à Ouagadougou, jeudi, le jour où l’assemblée nationale devait voter un amendement à l’article 37 de la constitution qui aurait permis au président Campaoré de rempiler pour trois quinquennats supplémentaires. Suite à un véritable soulèvement populaire, le président a quitté son poste et le pays.

Le « pays des hommes intègres » - c’est la signification des termes « Burkina Faso » - accueille de nombreux étrangers œuvrant pour des ONG et des associations humanitaires. Parmi lesquels les membres d’une délégation de six Leuzois pour le compte de « Solidarité au Sahel » conduite par la présidente Noelle Lenain.

Une bonne partie du groupe est logée dans le quartier de Gounghin dans un gîte que connaissent bien les Leuzois : Cocooning, tenu par Dalila Zerrak, elle-même présidente de l’association humanitaire « 2e souffle . Cet endroit est assez excentré et éloigné d’environ une demie-heure de marche du centre-ville où se sont déroulées les manifestations.

Dans un mail daté de dimanche, 14 h (13 h heure ouagalaise), Dalila nous écrit :  « Maintenant tout est revenu au calme les commerces sont ouverts et les marchés pleins. C’est le lieutenant colonel Issac Zida qui prend le pouvoir pour assurer la transition. Les rues de Ouagadougou sont devenues propres car le maire de Ouaga a fait appel à la population pour participer au nettoyage. Ils avaient fermé les frontières terrestres et aériennes pour assurer la sécurité du pays. Actuellement les avions peuvent décoller mais il y a un couvre-feu à 22h00. Les Leuzois n’ont pas pu partir le 31 et espèrent le faire le lundi 3. Nous allons à la récréatrale tous les jours pour voir les spectacles et assister au concert.Bref RAS nous ne nous inquiétons pas.... »

La photo prise peu avant l’envoi du mail confirme les propos et montre nos Leuzois en train de déjeuner tranquillement sur la terrasse de Cocooning... La perspective de devoir prolonger leur séjour de quelques heures, voire quelques jours, ne les effraie manifestement pas.

Dernière minute

Dimanche, à 16 h, Noelle Lenain, présidente de SAS nous apportait encore quelques précisions sur les derniers événements observés en ville ce jour: "nous arrivons chez Dalila après avoir pris notre repas de midi au "Verdoyant" en plein centre ville.  Tout paraissait normal. De nombreux blancs y mangeaient.

Quand soudain, des tirs et des pétarades ont sifflé dans la rue. Clément a alors décrété de partir aussitôt. Le temps de payer la note et nous avons repris la route sans encombre.  Les tireurs  sont  des manifestants qui ne veulent pas que l'armée assure la transition au niveau de l'Assemblée. Ils ont agi sans doute par intimidation sans plus . Des balles à blanc!  

Ils voulaient  disperser les manifestants . L'armée est occupée à disposer des armes lourdes pour sécuriser le 1er ministère. L'opposition et la  société civile ne veulent  pas que l'armée fasse la transition. Dans les coulisses , l'opposition propose Sarha Séremé comme présidente de transition. C'est une dame qui a créé son propre parti et qui est dans l'opposition. ci, d'après les échos perçus,dans  la généralité, le général Lougué a été  fort sollicité mais il a refusé le pouvoir.

Le général Lougué est considéré comme un " sage, intelligent et respectueux ".  Il a sa maison de campagne à Oury , Il est le partenaire de nos compatriotes néerlandophones de Geel. 

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Le concert maintenu malgré les événements

Le récent décès de Francis Taquet, ( l’un des fondateurs de « Solidarité au Sahel »  ainsi que le regretté président du Comité de jumelage Leuze-Ouaga)   et la situation actuelle au Burkina ne remettent pas en cause la tenue du concert de gala organisé vendredi soir à Leuze, au profit de l’association."Francis n'aurait pas voulu qu'on annule ce gala, un souhait que l'on entendait évidemment respecter. L'événement lui sera en quelque sorte dédié et en prélude à la prestation des musiciens, on ne manquera pas d'honorer sa mémoire", dit la nouvelle présidente du Comité de jumelage et secrétaire de SAS, Anny Doye.  Une fois n'est pas coutume, cette grand-messe musicale verra se produire, entre les murs de l'hôtel de ville, le prestigieux orchestre international du Shape. Plus communément appelé le NATO Jazz Orchestra (NJO), cet ensemble, créé en 1985, est considéré comme le plus grand des orchestres de jazz de l'OTAN. Dirigé par le sergent Tom MacTaggart, de l'armée de terre des USA, il s'inscrit dans la plus pure tradition du swing des années d'après guerre.  Avec un panel de répertoire allant de Glenn Miller aux compositeurs actuels, nul doute que les spectateurs apprécieront le set d'1 h 30 livré ce vendredi soir à l'hôtel de ville. Un concert de gala dont les bénéfices seront destinés à servir les actions menées par le comité de jumelage au Burkina Faso. L'une des plus porteuses concerne la problématique alimentaire de l'école de Naba Waksé, qui compte 800 enfants. "Là-bas, l'Etat ne fournit l'équivalent que de trois à quatre mois de vivres par an. Notre souci principal est donc d'acheter de la nourriture pour que les écoliers puissent bénéficier d'un repas par jour. L'année scolaire dernière, grâce à nos fonds, nous avons pu leur apporter 785 € de vivres. À terme, nous aimerions aussi pouvoir envisager la construction d'un préau", explique enfin Anny Doye.                        

P.A.F: 10 €. Tickets disponibles sur place le jour même - 0495/30.83.61.