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Climat: il reste « peu de temps » pour agir

Climat: il reste « peu de temps » pour agir

Le réchauffement se poursuivant, le Giec prévient, qu’à l’avenir, les conséquences seront plus lourdes en terme de sécurité alimentaire, de disponibilité en eau potable, de risques d’inondations et de tempêtes, avec une hausse probable des déplacements de population et de conflits pour l’accès aux ressources. Reporters / BLANC Samuel / Sunse

Les experts sur le climat ont publié dimanche à Copenhague une évaluation mondiale dont le message est clair: face à l’ampleur du réchauffement, il faut agir vite pour réduire les émissions de CO2, ce qui est possible sans compromettre la croissance.

Les concentrations de gaz à effet de serre dans l’atmosphère ont atteint les niveaux les plus élevés «depuis 800.000 ans», affirment les experts sur le climat dans un rapport de synthèse publié dimanche à Copenhague.

La température moyenne à la surface de la Terre et des océans a gagné 0,85°C entre 1880 et 2012, a également établi le Groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat (Giec), un réchauffement dont la vitesse est inédite.

«L’atmosphère et les océans se sont réchauffés, les quantités de neige et de glace ont diminué, le niveau de la mer a augmenté», a souligné Thomas Stocker, vice-président du Giec.

Des efforts «ambitieux» de réduction de gaz à effet de serre feraient baisser de 0,06 point le taux mondial de croissance, estimé entre 1,6 et 3% par an au cours du 21e siècle, mais «plus nous attendons pour agir, plus ce sera coûteux», avance le Groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat (Giec).

Elle doit servir de base scientifique aux responsables politiques dans les négociations internationales devant aboutir fin 2015 à Paris à un accord global.

Se détourner des énergies fossiles

La communauté internationale s’est fixée comme objectif de maintenir la hausse globale des températures sous le seuil de 2°C afin de limiter les impacts du changement climatique déjà à l’œuvre et dont la vitesse est inédite.

Pour garder le cap des 2°C, les émissions mondiales de gaz à effet de serre doivent être réduites de 40 à 70% entre 2010 et 2050, et disparaître totalement d’ici 2100. Cela implique de se détourner massivement des énergies fossiles, d’améliorer fortement l’efficacité énergétique, de limiter la déforestation, etc.Pour autant, ce tournant énergétique ne compromettrait pas la croissance mondiale, mettent en avant les experts (climatologues, économistes, océanographes, etc).

«Nous avons les moyens de limiter le changement climatique», estime M. Pachauri, pour qui «les solutions sont nombreuses et permettent un développement économique et humain continu». «Tout ce dont nous avons besoin, c’est de la volonté de changer», a-t-il ajouté.

S’il n’est pas «contrôlé», le changement climatique aura des impacts «graves, étendus et irréversibles», indique le communiqué du Giec.

Pour les auteurs du Giec, «limiter les effets du réchauffement climatique pose la question de l’équité et de la justice et est nécessaire pour atteindre un développement durable et éradiquer la pauvreté».

Les experts soulignent que les populations les plus vulnérables, notamment celles des pays les moins développés, auront moins de moyens pour faire face aux impacts du changement climatique.

Cette évaluation globale de l’état des connaissances sur le changement climatique est la cinquième publiée par le Giec après celles de 1990, 1995, 2001 et 2007.

Les conséquences déjà visibles

La température moyenne à la surface de la planète a gagné 0,85°C entre 1880 et 2012, une vitesse inédite. Celle à la surface des océans a augmenté de 0,11°C par décennie entre 1971 et 2010.

Le niveau moyen des océans s’est lui élevé entre 1901 et 2010 de 19 cm.

Dans la région de l’Arctique, qui se réchauffe plus rapidement que la moyenne de la planète, la surface de la banquise a diminué de 3,5 à 4,1% par décennie entre 1979 et 2012.

A noter que l’Antarctique suit le chemin inverse (+ 1,2 à 1,8%), même si certaines régions de ce continent ont perdu de la glace.

Les impacts sont déjà visibles sur tous les continents: précipitations accrues dans certaines zones et en baisse ailleurs, répartition modifiée des espèces marines et terrestres, rendements agricoles globalement en baisse, vagues de chaleur plus fréquentes en Europe, Asie, Australie.

Le réchauffement se poursuivant, le Giec prévient, qu’à l’avenir, les conséquences seront plus lourdes en terme de sécurité alimentaire, de disponibilité en eau potable, de risques d’inondations et de tempêtes, avec une hausse probable des déplacements de population et de conflits pour l’accès aux ressources.