Le folklore des cerfs-volants est indissociable de la Toussaint au Guatemala. Geste poétique, conduire un cerf-volant symbolise le lien entre le ciel et la terre, les vivants et les esprits.

Dans tous les cimetières, les regards se tournent vers le ciel. Petits et grands fabriquent leurs cerfs-volants et jouent entre et sur les tombes.

Pour en prendre plein les yeux, il faut se rendre à Sumpango (département de Sacatepéquez, à 18 km d’Antigua). À chaque 1er novembre, cette petite ville célèbre son festival de cerfs-volants: le «Festival de barriletes gigantes», faisant fièrement partie du Patrimoine Culturel de la Nation. Cette année, le festival en est à sa 35e édition.

Barriletes pour communiquer

Animations particulièrement appréciées des Guatémaltèques, les concours et festivals de «barriletes gigantes» (cerfs-volants géants) sont époustouflants par leurs tailles et leurs couleurs. Ces cerfs-volants guatémaltèques sont fabriqués des mois à l’avance par familles ou associations, avec du bambou, recouverts de papier de soie multicolore. Ces «barilletes» sont destinées à impressionner les autres équipes mais aussi à communiquer avec les morts. Certains emportent même des messages écrits destinés aux défunts.

Mosquito, le champion

Pour gagner le concours, le cerf-volant doit rester le plus longtemps dans les airs. Le jury peut tenir compte aussi de l’esthétique des fresques présentées par l’engin.

Dans une ambiance de kermesse, le concours/festival a lieu sur le terrain de foot de la ville, à côté du cimetière. Les Guatémaltèques et quelques rares touristes y passent la journée entière. Dès le matin, la catégorie des petits cerfs-volants (enfants) concourt.

Sur le champ de compétition, le dénommé «el Mosquito » « a très bien compris le sens du vent! Bravo, on l’applaudit! », comme le crie dans son micro le commentateur excité. Maintenant 3 minutes en l’air sa toile monumentale, il s’en sort vainqueur dans sa catégorie.

En fin de journée, lorsque le terrain s’est libéré des plus petits concurrents, ce sont les immenses fresques qui s’envolent enfin… Atteignant un diamètre de 22 m, ces mastodontes demandent la maîtrise d’une vingtaine d’hommes pour les dresser quelques secondes dans le ciel. Et lorsqu’elles retombent subitement, gare aux distraits qui n’ont pas la tête en l’air!