Tueries du Brabant : Michel Libert était un ancien dirigeant d’extrême-droite

Tueries du Brabant : Michel Libert était un ancien dirigeant d’extrême-droite

- BELGA

Michel Libert, interpellé mercredi dans le cadre du dossier des tueries du Brabant, est un ancien dirigeant de l’organisation d’extrême-droite WNP.

Il était à l’époque le chef du service des renseignements du Westland national socialistische ordnung (WNSO), plus connu sous le nom de Westland new post (WNP). Selon l’observatoire belge de l’extrême droite RésistanceS.be, le WNP comptait au moins 120 membres, voire de 200 à 300 selon ses dirigeants de l’époque.

Michel Libert, connu sous les pseudonymes notamment de Wagner ou von Graffenberg, est un ancien sous-officier à la Force Navale qui a été affecté au Centre de transmission de l’Armée belge. Il a été actif dans les mouvements de jeunesse, ayant fondé la 75ème unité de Bruxelles les ‘Seascouts Phénix’. Détective privé, il a travaillé pour l’ARI, une agence fondée par les ex-gendarmes Bouhouche et Beyer, deux noms qui apparaissent également dans le dossier des tueries du Brabant. Il a ensuite cofondé un service spécialisé dans l’espionnage industriel, SKAG. Il cofondra également le centre d’études et de recherches socio-biologiques et raciales (CERSBER), dont le but est «d’organiser des mesures de sécurité et d’assistance au sein des quartiers les plus exposés aux divers problèmes occasionnés par l’immigration sauvage et massive» et les Compagnons du Christ Graal.

Eric Lammers, un autre ancien membre du WNP, affirme dans une interview accordée à la RTBF et diffusée mercredi soir, que tous les magasins qui ont fait l’objet d’une attaque attribuée aux ‘tueurs’ du Brabant ont fait l’objet de repérages par le WNP. D’autres grandes surfaces avaient été repérées mais n’ont pas fait l’objet d’attaques, précise-t-il. Il ajoute qu’il a été formé comme d’autres membres du WNP pour tuer sur ordre ou pour déguiser un meurtre en suicide.

Eric Lammers a été acquitté en 1987 pour un double meurtre commis rue de la Pastorale le 18 février 1982 à Bruxelles tandis qu’un autre membre influent du WNP, Marcel Barbier, a été condamné pour ces faits aux travaux forcés à perpétuité. Eric Lammers a écopé de six ans de prison pour le vol de tableaux et l’attaque d’un camion en 1984. Il a été condamné à perpétuité en 1992 pour le meurtre en 1991 de deux diamantaires à Anvers. Il a été acquitté en 2006 pour le recel d’un cadavre et en 2012 pour des faits de moeurs.

Selon RésistanceS.be, le WNP, une organisation clandestine de type militaire, a été fondé en 1979 par Paul Latinus, membre du Front de la Jeunesse, informateur de la Sûreté de l’Etat et engagé en 1980 au cabinet de la secrétaire d’Etat Cécile Goor (PSC). L’homme affirmait dans une interview accordée au journaliste feu René Haquin avoir été recruté en 1967 par une organisation étrangère dont le but est de lutter par tous les moyens contre le communisme soviétique. En 1981, Paul Latinus s’est exilé quelques semaines au Chili, avec l’aide de la police politique de Pinochet, après la publication d’informations à son sujet par le magazine ‘Pour’, rappelle RésistanceS.be. Les locaux de l’hebdomadaire ont été incendiés le 4 juillet 1981 par un commando composé notamment de membres du WNP. Le fondateur du WNP sera retrouvé pendu le 24 avril 1984 chez lui à Court-Saint-Etienne mais ses proches sont convaincus qu’il a été tué.

Le commissaire de la Sûreté de l’Etat, Christian Smets, a collaboré avec le WNP. Il donnera à deux reprises des cours de filature aux membres de l’organisation d’extrême droite. Infiltré pour le compte de la Sûreté pour les uns, actif au sein du WNP pour d’autres, il rédige en mars 1983 un rapport sur le WNP.

Le WNP a commis plusieurs vols de documents de l’OTAN, dont des télex, au quartier général des forces armées belges à Evere entre juin 1981 et mai 1983. L’objectif aurait été de démontrer que les systèmes de sécurité de l’OTAN présentaient des failles pouvant profiter aux Soviétiques. Des documents de l’OTAN ainsi que des armes et des laissez-passer pour le quartier général de l’armée à Evere sont retrouvés lors d’une perquisition le 17 août 1983 rue de Parme à Saint-Gilles où étaient domiciliés Marcel Barbier et Michel Libert.

Une instruction est ouverte en octobre 1983 par le juge d’instruction de Bruxelles, Mme Lyma, à charge de trois dirigeants du WNP, Paul Latinus, Michel Libert et Marcel Barbier, du chef de ‘création d’une association de malfaiteurs et de milices privées’.


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