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Immobel: «Notre projet Universalis Park est l’otage d’arguments fallacieux»

Immobel: «Notre projet Universalis Park est l’otage d’arguments fallacieux»

Photo Comac ULB/Facebook

Des étudiants se sont à nouveau enchaînés aux arbres du Campus de la Plaine pour empêcher leur abattage. En réaction aux mobilisations, le promoteur du projet Universalis Park, Immobel, réagit à certains arguments des opposants qu’il juge «fallacieux».

Immobel, le promoteur du projet contesté Universalis Park sur le Campus de la Plaine à Ixelles, réagit aux manifestations et actions que le comité «Sauver la Plaine» a lancées ce mardi en s’enchaînant aux arbres qui doivent être abattus pour la construction d’une voirie sur le site.

D’après le promoteur, certains arguments du collectif Sauver la Plaine sont «fallacieux». «Ce projet équilibré, soumis au débat démocratique et adapté aux conditions de la commission de concertation, est l’otage d’une contestation qui se retranche derrière la défense de l’environnement en vue de promouvoir des intérêts purement politiques», se défend Immobel dans un communiqué.

«Les opposants ont refusé notre invitation»

Le tenant du projet contrebalance donc cette défense de la biodiversité par des contre-arguments. «Les terrains de la plaine ne sont pas repris au PRAS en zone verte. En outre, une étude ULB a révélé que la zone sur laquelle la première phase du projet sera développée présente le moins d’intérêt en termes de biodiversité urbaine».

Et Immobel de rappeler que le projet prévoit la création d’un parc de 2 hectares «assurant la biodiversité dans la zone». Ce que Sauver la Plaine reconnaît, mais trouve «absurde» puisque ce parc sera construit sur un parking alors qu’un autre parc sera détruit. Immobel garantit que «ce parc maintiendra les espèces et les équilibres en matière de biodiversité», étude ULB à l’appui, là encore. «Les opposants, que nous avions sollicités, ont refusé de participer au comité d’accompagnement de l’étude», glisse le promoteur.

Quand au reproche concernant les logements «de luxe», Immobel les balaye. «Le projet ne prévoit pas des logements de luxe mais des logements accessibles, vendus au prix moyen des logements nouveaux à Ixelles. Par ailleurs, le projet dans sa seconde phase sur le site des anciens bâtiments de l’école Horta, comportera également un nombre significatif de logements conventionnés destinés à de jeunes ménages ainsi que près de 170 logements étudiants». Crèche et commerces devraient aussi y voir le jour.

«Le tracé de voirie est approuvé»

Alors que les opposants contestent l’intérêt de construire du logement dans une zone d’équipement collectif, le géant de l’immobilier rappelle que «cette affectation en zone d’équipements collectifs permet la construction de logements». Et Immobel d’insister: «Si la croissance des besoins universitaires avait suivi le plan de développement des années 70, des bâtiments universitaires y auraient été construits».

Concernant la voirie contestée ce 21 octobre, Immobel tient enfin à souligner que «l’ouverture et le tracé ont été dûment approuvés par l’autorité communale compétente et ont fait l’objet d’un permis d’urbanisme. Celui-ci s’inscrit dans le PPAS qui définira les affectations futures ainsi que les gabarits des immeubles. Ce document sera soumis à l’enquête publique et à l’avis de la commission de concertation dans les prochains mois. Ce qui à nouveau permettra un réel débat démocratique sur les choix futurs».

On se doute que le comité Sauver La Plaine ne manquera pas d’y jeter un œil.
 

Le blocage continue


Dans le même temps, pour le deuxième jour, une trentaine de personnes se sont rassemblées devant le site universitaire de La Plaine mercredi matin, tandis qu'une vingtaine d'autres occupent la zone de chantier. Une dizaine d'entre eux se sont attachés aux arbres. Les travaux n'ont pas repris. Le comité Sauver La Plaine appelle les Bruxellois à les rejoindre à l'extérieur du chantier pour grossir la mobilisation à l'encontre du projet immobilier d'Universalis Park.

Les étudiants ont commencé à envahir le site à l'aube, pour empêcher les travaux de commencer. "Nous sommes extrêmement déterminés à bloquer ce chantier", affirme Alicia Schmit, représentante du Comité La Plaine. "La procédure de recours en suspension n'a pas encore abouti et nous voulons absolument bloquer le chantier jusqu'à ce que la décision du Conseil d'Etat tombe".

En réaction à la déclaration du promoteur d'Universalis Park (lire ci-dessus) qui s'inquiétait de savoir si cette opposition serait constructive, elle assure que le comité "Sauver La Plaine" souhaite s'investir activement dans le débat citoyen au travers des organes de consultation de la population: "On attend ce PPAS (plan particulier d'affectation du sol) depuis longtemps. La commune d'Ixelles avait dit que le PPAS serait fait avant le début des travaux. (...) La commune n'a pas demandé l'étude d'incidence globale, alors qu'elle en a le droit. Le projet a été saucissonné pour se soustraire à l'obligation légale de faire réaliser cette étude par un organisme indépendant. En attendant, ils sont en train d'abattre 150 arbres..."
 

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