Pour la santé et la planète

On mange trop de viande alors qu’elle n’est pas indispensable à notre équilibre alimentaire assure Matthieu Ricard. EdA

Et si demain on devenait tous végétariens? Matthieu Ricard n’y croit pas. Mais il dit que si on diminuait notre consommation, ça serait bénéfique à bien des niveaux.

«Manger autant de viande ne coûte pas seulement la vie à des milliards d’animaux chaque année, cela aggrave la faim dans le monde, est mauvais pour la planète et pour la santé», rappelle Matthieu Ricard.

Pour nourrir les animaux d’élevage, on défriche des terres pour planter du soja à l’autre bout du monde. «775 millions de tonnes de céréales produites dans les pays en voie de développement servent à nourrir le bétail des pays riches chaque année», détaille Matthieu Ricard. Pour un rendement bien pauvre: il faut 10 kg de protéines végétales pour produire 1 kg de protéines animales. Alors que ces protéines végétales pourraient nourrir bien plus de monde là où ces céréales sont plantées: 1 ha permet de nourrir 50 végétaliens, mais seulement deux carnivores.

L’élevage est la deuxième cause d’émission de gaz à effet de serre, devant le transport. Il engendre une déforestation galopante, consomme énormément d’eau.

Manger trop de viande est mauvais pour la santé, ça, on l’admet assez généralement. Les gros consommateurs ont plus de risques de souffrir un jour d’un cancer ou d’un accident cardio-vasculaire. On dit aussi souvent qu’il faut de la viande ou du poisson, sources indispensables de protéines pour une alimentation équilibrée. C’est faux assure Matthieu Ricard: il y a 20% de protéines dans la viande contre 30% dans le tofu.

Les arguments courants comme «on mange de la viande parce qu’on a toujours fait comme ça», «c’est indispensable à notre équilibre alimentaire» et «la filière crée beaucoup d’emplois», il les balaye un à un de manière très argumentée dans son livre. « Nous ne sommes pas esquimaux ou peuples des montagnes, alors nous avons le choix de ne manger ni viande, ni poisson».

Il se réjouit que les mentalités changent, que l’on trouve de plus en plus de menus végétariens… jusque dans le Thalys. « L’évolution est lente, mais incontestable»