ÉNERGIE

« L’électricité en Wallonie n’est peut-être pas plus chère qu’ailleurs »

« L’électricité en Wallonie n’est peut-être pas plus chère qu’ailleurs »

Le renouvelable a aussi la vertu d’avoir fait baisser le coût des autres formes d’énergie.

Le prix de l’électricité en Wallonie n’est peut-être pas plus élevé qu’ailleurs, une fois prises en comptes toute une série d’externalités à l’énergie elle-même, a estimé mardi Francis Ghigny, le président du régulateur wallon de l’énergie (CWaPE).

«Le renouvelable est-il cher? Ce qui est cher, c’est son soutien, les certificats verts, le coût de raccordement de l’éolien offshore, le renforcement des réseaux», a-t-il souligné en commission du parlement wallon, interrogé par les députés à l’occasion de la présentation du rapport annuel de la CWaPE.

Mais à ses yeux, le renouvelable a aussi la vertu d’avoir fait baisser le coût des autres formes d’énergie, comme le pétrole.

Pour preuve, «le renouvelable a introduit une baisse du kilowatt-heure telle que les investisseurs n’investissent plus dans de nouvelles centrales, parce que ce n’est plus assez rentable pour eux», a-t-il fait observer. En témoignent aussi les rentes nucléaires d’il y a quelques années, qui ne sont plus au niveau d’aujourd’hui.

Pour ce partisan de la concurrence, il convient d’élaborer un mélange énergétique suffisamment varié pour aboutir au prix le plus bas possible, une fois intégrées toutes les externalités.

Car si l’énergie est plus chère, c’est parce qu’elle finance aussi ces externalités, détaille Francis Ghigny: certificats verts, coûts de raccordement du offshore, OSP sociales – obligations de service public -, voire même les communes via les redevances de voirie.

«On verra alors que le prix de l’électricité en Wallonie n’est peut-être pas plus élevé qu’ailleurs», a-t-il estimé.

Et le président de la CWaPE d’inviter le consommateur à devenir «actifs», et les gestionnaires de réseau à évoluer dans leur tarification. Il cite une expérience-pilote de l’opérateur Ores qui, dans un quartier bien équipé en panneaux photovoltaïques, place les heures creuses du compteur bi-horaire à d’autres moments, dans les après-midi d’été.