ÉCONOMIE

Moratoire dès le 1er janvier sur la plupart des primes wallonnes logement-énergie

Moratoire dès le 1er janvier sur la plupart des primes wallonnes logement-énergie

Lors de son conclave budgétaire, le gouvernement avait décidé d’économiser 25 millions d’euros sur les différentes primes. Belga

La plupart des primes que la Région wallonne accorde en matière de logement et d’énergie seront suspendues dès le 1er janvier prochain pour un trimestre, le temps d’élaborer la réforme favorisant les prêts à taux réduit.

Cette réforme visera une simplification et une harmonisation des 20 primes au logement et 32 primes énergie existant actuellement en Région wallonne, a expliqué le ministre en commission du parlement wallon, suscitant l’incompréhension d’Ecolo.

Lors de son conclave budgétaire, le gouvernement avait décidé d’économiser 25 millions d’euros sur les différentes primes (10 millions en logement, 15 millions en énergie).

Il veut limiter ce système des primes, accusé de favoriser des effets d’aubaine pour les revenus les plus élevés mais aussi des effets pervers, une partie des primes revenant dans la poche des corps de métier qui les incluent dans leurs tarifs.

Favoriser les prêts à taux réduit

À la place, le gouvernement wallon compte favoriser les prêts à taux réduit, tel que l’Ecopack à taux zéro.

La limitation des primes tiendra toutefois compte de la taille des ménages et des bas et moyens revenus, a souligné Paul Furlan (PS).

Cette restructuration s’opérera en trois phases: rien ne change jusque fin 2014, avant un moratoire «sur la plupart des primes» dès le 1er janvier prochain, dans l’attente de la mise en place du nouveau système alliant limitation des primes et promotion de l’Ecopack, «au premier trimestre 2015».

Le moratoire vise à éviter l’effet-bulle que l’on a connu dans d’autres dossiers, a ajouté le ministre, en référence au dossier photovoltaïque.

Le dispositif Ecopack, à l’inverse des primes, passera de 75 millions actuellement à 85 millions en 2015, puis 100 millions en 2019.

«Un très mauvais choix de réduire le budget des primes»

Pour le député Philippe Henry (Ecolo), «c’est un très mauvais choix de réduire le budget des primes pour les citoyens, pour l’impact en termes d’efficacité énergétique et pour l’activité économique».

«Dans tous les cas, la diminution du budget, ce sera mauvais», a-t-il prédit, citant une perte potentielle de centaines d’emplois.

Sans nier l’existence d’effets d’aubaine ni l’opportunité de recibler certaines primes, il souligne que les ménages risquent de réaliser moins de travaux. «Le moratoire, c’est le pis de tout, car même un trimestre, ce n’est pas rien pour la construction».