GOUVERNEMENT MICHEL

La mérule a commencé à ronger le pacte fédéral, estime Uytendaele

La mérule a commencé à ronger le pacte fédéral, estime Uytendaele

«La défaite la plus extraordinaire du MR, c’est déjà la répartition des postes», estime le constitutionnaliste. BELGA

Le constitutionnaliste Marc Uytendaele juge sévèrement la constitution de la nouvelle majorité fédérale. Selon lui, la mérule a commencé à ronger le pacte entre les Belges qui fonde le fédéralisme actuel.

«Depuis 1970, c’est la première fois que le Pacte fédéral est mis en cause de manière aussi radicale. C’est la première fois que l’on admet que 75 pourcent des francophones ne se reconnaissent pas dans la façon dont le pays est gouverné. Si l’on était dans un conflit social, l’on dirait que les partis flamands ont choisi leur ‘jaunes’ (surnom donné aux syndicalistes complaisants avec le patronat) pour gouverner», a déclaré mardi M. Uytendaele lors de la présentation d’un livre consacré aux institutions belges.

Qui plus est, en formant le gouvernement, le MR n’a obtenu qu’un quart des compétences et a en a laissé la plus grande partie, et les plus importantes, aux partis flamands.

«La défaite la plus extraordinaire du MR, c’est déjà la répartition des postes. Le MR aurait dû exiger la moitié des postes à responsabilité et ensuite pratiquer une clé D’Hondt pour répartir les portefeuilles. Ne pas faire ça, c’était aller à Canossa. Les partis flamands ont dû être hilares à l’issue des négociations», a souligné le constitutionaliste.

Aux yeux de M. Uytendaele, la N-VA ne cherchera pas le «clash» communautaire dans de telles circonstances. Elle cherchera au contraire à engranger un maximum de choses qu’autrement, elle aurait réclamé par le biais de réformes institutionnelles.

Dans ce contexte, les francophones ne seront-ils pas amenés à réclamer une nouvelle réforme de l’Etat? «Mieux vaut être pauvre et libre que dominé. Quel sera le seuil de tolérance? Il y a toutes les raisons de se demander quelle est la plus-value de la Belgique pour paraphraser un secrétaire d’Etat».