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Un homme paralysé remarche après une opération: fruit de 12 ans d’efforts

Un homme paralysé remarche après une opération: fruit de 12 ans d’efforts

L’opération sans précédent qui a permis à un homme paralysé jusqu’à la taille - Darek Fidyka (à droite) - de remarcher est le fruit de douze ans de recherches, a dit ce mardi le chirurgien polonais ayant dirigé l’intervention, Pawel Tabakow (au centre). AFP

Condamné à se déplacer en fauteuil roulant jusqu’à la fin de ses jours, un homme paralysé jusqu’à la taille remarche.

L’opération sans précédent qui a permis à un homme paralysé jusqu’à la taille de remarcher est le fruit de douze ans de recherches, a dit ce mardi le chirurgien polonais ayant dirigé l’intervention, Pawel Tabakow.

«Depuis douze ans, nous menons des recherches sur la possibilité d’aider les patients ayant subi une déchirure totale des nerfs de l’épine dorsale et qui sont condamnés à se déplacer en fauteuil roulant jusqu’à la fin de leurs jours», a dit le Dr Tabakow, cité dans un communiqué de l’hôpital universitaire de Wroclaw.

C’était le cas de son patient ayant subi une telle blessure lors d’une agression au couteau par l’ex-mari de sa compagne.

Ces recherches vont à l’encontre «de l’opinion répandue dans le milieu médical selon laquelle il est impossible de régénérer les fibres nerveuses dans la colonne vertébrale chez l’homme», a-t-il précisé.

Des cellules olfactives engainantes du nez

Les chirurgiens polonais ont utilisé des cellules olfactives engainantes (OEC) du nez du patient sur lesquelles les tissus sectionnés ont pu se développer, selon la description du procédé publiée dans la revue scientifique Cell Transplantation.

Cette méthode a été élaborée et testée en laboratoire à l’Institut de neurologie de l’University College de Londres (UCL).

Le patron de la clinique de neurochirurgie de l’hôpital de Wroclaw, le professeur Wlodzimierz Jamundowicz, tout en se réjouissant des perspectives «optimistes» qu’ouvre ce cas, a indiqué que la nouvelle méthode serait maintenant appliquée à d’autres patients.

Prouver chez d’autres patients

«Mais c’est seulement le début d’un chemin long et difficile, il faudra prouver que cette thérapie aura des effets chez d’autres patients souffrant d’une lésion comparable de la colonne vertébrale», a-t-il mis en garde.

Interrogé par l’AFP au téléphone, le Dr Tabakow a déclaré que son patient était «épuisé» par le tournage d’un film de la BBC, qui a duré un an. «Seize heures d’images ont été tournées pour faire un film d’une heure», a-t-il précisé. Le convalescent passe beaucoup de temps à l’hôpital, hors de l’hôpital et dans un établissement de rééducation, a encore dit le chirurgien.